Après le repos sur les côtes de Bali et la découverte de Denpasar, nous profitons de la proximité du Parc National de Komodo pour débarquer sur Rinca, l’île du Parc
qui a la plus grande probabilité d’observation du dragon.
Première étape : l’île de Florès, où nous emmène un petit avion d’une vingtaine de places. Pas facile de trouver un vol… Deuxième étape : traversée de l’archipel en
bateau jusqu’à Rinca. Pas facile de trouver un bateau pas cher en basse saison… Partis au lever de soleil, il nous faut 2 heures de bateau pour arriver à destination. Croisière de luxe : un
bateau de pêcheur pour 3 personnes, bananes frites et thé chaud servis à volonté !
Nous longeons de nombreux îlots inhabités,
des îles un peu plus grandes mais tout aussi désertiques,
du fait du sous-sol rocailleux mais aussi de la déforestation, qui en Indonésie atteint des proportions dramatiques. On estime à la taille de la Suisse la surface
de forêt qui chaque année disparaît…
Les pêcheurs que nous croisons pêchent le fil à la main, seuls sur leur bateau. La mer est encore calme à cette heure-là, mais en cas d’avarie, les requins ne
rateraient sûrement pas une telle aubaine…
A notre arrivée dans la baie de Rinca, un magnifique voilier nous accueille.
Du grand luxe, à une toute autre échelle! Peut-être est-ce celui du National Geographic ? Non. Ils sont eux aussi sur l’île, mais à une autre extrémité, à l’abri
des regards indiscrets pour la réalisation de leur dernier documentaire sur le plus grand lézard du monde, Varanus komodoensis.
A une autre échelle ici aussi, nous emportons tout notre matériel : 8 kgs de photo et vidéo (quand même !).
Tout juste débarqués, un jeune mâle nous montre le chemin du camp où nous passerons la nuit. Tout n’espérions pas en rencontrer si près du refuge !
L’ensemble du Parc de Komodo compte environ 5000 lézards géants, dont l'apparence et le comportement agressif justifient leur surnom de « dragons de Komodo ». A
noter qu’on ne les trouve nulle part ailleurs, d’où un grand intérêt scientifique pour l'étude de l'évolution.
L’arme du ranger contre une attaque éventuelle de lézard : un grand bâton…
Quand on sait que la bête peut atteindre une vitesse supérieure à 50 km/h et parvient à tuer par morsure venimeuse des animaux comme le buffle, on ne se sent pas
forcément en sécurité derrière l’homme au bout de bois ! Ils courent vite, et ils ont de bonnes griffes !
Drôle de ressenti d’adrénaline et de frissons quand on se retrouve nez à nez avec un dragon. Moment unique et privilégié, il convient tout de même de faire
demi-tour !
On dénombre quelques personnes disparues depuis la création du Parc en 1980 et son ouverture aux touristes… c’est un lézard carnivore friand de viande fraîche ! Sa
technique de chasse : l’embuscade.
Caché dans les hautes herbes, il peut rester immobile des heures entières à attendre qu’une proie s’approche. Il la mord en lui injectant du venin qu viendra
infecter la plaie et provoquera la mort de l’animal. Quelques heures pour un daim, plusieurs jours pour un buffle… Voilà les restes d’un buffle attaqué quelques semaines avant notre arrivée… beau
boulot, pas vrai ?
Quelques mètres plus loin, un autre crâne nous confirme - en était-il besoin ? - que le dragon de Komodo n’a aucun prédateur sur l’île.
Le seul danger provient… de l’espèce elle-même. Cannibales, les adultes chassent parfois les petits non encore initiés à la chasse et sans défense. Ils ont appris à
se protéger en vivant dans les arbres durant les premières années de leur vie. Et s’ils savent grimper aux arbres, les « petits » savent aussi monter les escaliers, pour visiter la baraque des
rangers…
Cette fois, le lézard est entré et a croqué le maillot et la serviette, attiré par les odeurs animales. Nous prenons note : ce soir, nous dormirons porte fermée
!
Ayant croisé la route d’une quinzaine de dragons en une journée, nous avons eu l’occasion de les approcher aux points d’eau,
sur leur nid,
dans le campement,
en brousse ou dans la forêt… une chance pour nous, car bien que présents sur toute l’île, ils sont discrets et cachés.
Nous passons la nuit dans une baraque en bois,
qui en plein jour paraît un rêve, et la nuit s’avère être un vrai cauchemar : malgré le gros trou au sol bouché avec des tringles à rideaux et le dossier d’une
chaise retournée, l’air froid entre dans la maison : il fait peut-être 12°C à l’intérieur. Sur la terrasse, des rats grattent le sol avec leurs griffes. Sur le toit, les singes font du toboggan.
Moins bruyants mais bien présents, un cerf et ses biches sont de la partie et grignotent les feuilles des arbres devant la porte. Une arche de Noé à nos pieds !
Malgré le climat rude de l’île (chaud et sec en journée, froid dans la nuit),
de nombreux autres animaux ont donc su s’adopter au climat et au relief de l’île : buffles, singes, phacochères, chevaux sauvages et rongeurs… Voici quelques photos des rencontres faites lors de
notre deuxième journée sur l’île (à noter que ce jour-là nous n’étions que 2 à rester sur l’île en compagnie des rangers ( !), les touristes ne restant en général que quelques heures avant de
reprendre le bateau) :
On peut voir sur les photos que les animaux (photographiés de loin avec un téléobjectif) ont un regard plein de méfiance. Les dragons ne sont jamais très loin…
L’objectif de départ de la Réserve a été élargi vers une protection de la flore et de la faune de la région.
On peut ainsi voir (très rares) des chevaux sauvages,
des essaims de milliers d'abeilles,
et contempler de magnifiques paysages tout au long d’une randonnée qui mène sur les sommets de l’île :
En 1991, le parc a été rajouté sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Visez un peu !
"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine
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Et au faites super belles photos
XD
;)
Merci pour votre message enthousiaste !
ED
Je vous le souhaite, tant ce spectacle est particulier, unique au monde. L'idéal serait de s'y rendre lors de la saison des amours, où les mâles, alors agressifs et nerveux, se combattent férocement dans d'étonnants nuages de poussière
ED
Les photos sont aussi très bien prises ! Encore merci pour tout ces renseignements !
Merci pour votre mot et votre enthousiasme !
ED
je reviens sur cet article très intéressant sur les dragons de Komodo.
Ils sont à ce point impressionant?
En tout cas, Eric, Laure, j'apprends pas mal de choses en lisant vos articles.
Merci
Bonne continuation ;)
Et ben un dragon, c'est quand meme une grosse bete de 3 a 4 metres qui peut courir a 50 km/h, te mordre et provoquer l'empoisonnement en quelques heures, alors oui, ca a beau etre un lezard, ca impressionne d'autant que ca te regarde d'un regard fixe et noir et ca rigole pas du tout non plus !
Il y a quelques touristes qui ont disparu sur les iles, probablement devores par les dragons... ca fait froid dans le dos !
ED
Une des destinations qui m'attire le plus!
Si vous êtes toujours vivants, c'est que vous n'avez pas été mordus par un de ces gros lézards! Ouf!
Heu... un peu quand même, sachant qu'on a mis le pied de nuit sur le bord d'un trou de dragons... une belle frayeur lorsque la terre s'est mise à bouger !
ED