Crocodile Dundee, ça vous dit quelque chose ?
Le plus célèbre des films australiens (après la trilogie Mad Max !) a été filmé au Kakadu National Park, inscrit au patrimoine mondial de l'Humanité depuis 1981.
Le site est habité en continu depuis plus de 40 000 ans par les aborigènes, dont il détient l’une des plus fortes concentrations au monde de peintures rupestres.
En outre, il concentre sur lui seul l'ensemble des paysages australiens (à l'exception des zones arides) : rugueux escarpements, marécages denses, gorges plongeantes et chutes d'eau cohabitent côte à côte dans cette zone dont la taille est égale à celle de l'Ecosse.
Premier arrêt : les termitières géantes, des constructions hautes de 3 à 5 mètres résistant à la chaleur et aux feux de broussailles, structurées de façon à garder une température et une hygrométrie constantes optimales pour le nid.
Une heure plus loin, sur la route du Kakadu, Fog Dam.
Cette réserve entoure le site d’un barrage anciennement construit pour la culture du riz. Devant faire face aux multiples oiseaux et rongeurs qui venaient y picorer les graines, le
projet a dû être stoppé. C’est dire la richesse de la région en vie animale ! Sur le pied de guerre, Eric enfile le bob, les lunettes et les caméras.
Les oiseaux filent vite et il faut être vif ! Durs à suivre en raison de l’épaisse végétation, on s’intéresse aux araignées qui parfois viennent tisser leurs toiles juste à la hauteur du visage… beurk, pas bon la soie !
L’arrivée à Kakadu est impressionnante. Ici, les autorités laissent aux aborigènes le soin de gérer la végétation du Parc. Après de catastrophiques feux de broussailles, les rangers se sont rendus compte qu’aucun système de gestion ne saurait remplacer l’expérience des aborigènes.
Ils déclenchent les incendies régulièrement pour brûler les petites herbes, qui si elles devaient pousser davantage, augmenteraient la puissance du feu, mettant alors en péril la survie des arbres.
Chez les aborigènes, rien n’est écrit. Tout passe par les récits, légendes et peintures. Ainsi, la peinture de Mabuyu représenté marchant avec son poisson à la main, dans un sac ficelé.
Les anciens racontent qu’après que des voleurs eurent fait un trou dans le sac et dérobé le poisson, Mabuyu se vengea et attendit la nuit pour venir boucher l’entrée de leur grotte avec une énorme pierre. « Le matin suivant, ils ne vinrent pas. Parce qu’ils ont volé, ils ont été punis. Les enfants, les femmes, les hommes. Tous morts. Fini. » Cette histoire, pendant des milliers d’années, des hommes venaient dans la montagne l’apprendre à leurs enfants pour les inciter à respecter les autres et ne pas voler.
Nous déjeunons d’une tomate et d’une orange avant de nous rafraîchir à la piscine du campement, une belle oasis de verdure au milieu d’un espace aride (non, c'est pas nous sur la
photo !).
Forcément, un bain de fraîcheur, ça redonne le sourire !
Alors qu’il fait encore chaud, un marsupial se cache le temps d’une sieste au creux d’un rocher, loin des touristes mais à portée d’objectif :
Encore quelques peintures, toujours dans un autre style : d’abord, des personnages représentés en train de danser.
La danse ajoutait à la force d’une fête la joie de vivre et en faisait un événement attendu avec impatience. Cependant les pas et mouvements variaient selon la cérémonie, tout comme le rythme donné par le didgeridoo, cet instrument à vent utilisé par les aborigènes depuis plus de 40000 ans, selon la légende.
Ces esprits sont grands et capables de peindre dans les endroits les plus improbables, comme ci-dessus, sous un rocher perché à plusieurs mètres de hauteur. Les « Mimi » sont invisibles à la plupart des hommes, mais on dit qu’ils prendraient les pierres, les peindraient puis les remettraient tout simplement en place.
Demain, Kakadu s’offrira sous un autre jour, celui d’un sanctuaire de vie sauvage…
mais auparavant, une bonne nuit de sommeil…
"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine
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Réaliste ou légendaire la civilisation remontant sur 50 000 ans?
Les dessins de Mabuyu me font penser au Kokopéli de l'ouest des Etats-Unis.
Si, rencontrés au hasard d'une station-service, au fond du Kakadu. Un coupe et ses deux enfants. Aux vêtements déchirés et poussiéreux, les cheveux des enfants pleins de pellicues et ceux-là à se gratter la tête... et le père qui après le plein de la voiture, faisait ses courses dans la boutique (chère) de souvenirs de la station... une peluche, des DVDs... on dit que les aborigènes n'ont pas de travail dans les villes, et c'est vrai qu l'on n'en croise aucun dans la journée, hormis quelques-uns qui vivent dans la rue et boivent de a bière... les autres sont dans les parcs, et reçoivent une partie des droits d'entrée des touristes comme droit de passage sur leurs terres... apparemment beaucoup si l'on en juge, malgré les habits et l'hygiène des personnes rencontrées, par le niveau de leurs dépenses... bref, difficiles à cerner, une chose est sûre, ils vivent bien à l'écart de la société "blanche" australienne et ont peu de contacts avec les blancs. On ne peut pourtant pas parler de problème d'intégration dans le sens communément empoyé, ils étaient là bien avant les premiers explorateurs d'Europe !
ED