Voilà deux jours que nous sommes à Nouméa, il est temps de prendre la voiture et de faire le tour de l’île. Une semaine de camping plus ou moins sauvage, de pique-nique fait de pâté de foie, thon à la catalane, oranges et vin rouge, avec dans le coffre la tente et l’anti-moustiques.
Première étape : Boulouparis, au nord de Nouméa, où l’on rencontre la première grande plage de sable blanc, un lagon et quelques
îlots perdus au milieu de la mer de Corail.
Pique-nique les pieds dans l’eau avant de reprendre la route pour traverser un paysage de prairies boisées où paissent les troupeaux de vache…
ne dirait-on pas la Normandie ?
La nuit tombe sans que nous ayions encore trouvé de camping. Nous roulons sur des routes non indiquées sur la carte, sans autre
lampadaire que le clair de lune. Une silhouette traverse la route puis vient se poser sur le piquet d’une cloture de champ : une chouette effraie.
Une fois n’est pas coutume, l’oiseau à la mauvaise réputation nous porte chance et quelques centaines de mètres plus loin nous arrivons à un camping en bout de chemin, au bord de l’eau. Epuisés
et transis de froid, nous montons la tente. La providence nous envoie une cabine téléphonique, au beau milieu de nulle part, à l’entrée du site ! L’occasion de passer un appel en France
avant de dormir. Là-bas, la journée vient à peine de commencer…
Changement de décor à La Foa, où nous passons par la Passerelle Marguerite.
Classée Monument Historique en 1984, c’est une construction inhabituelle pour l’archipel, puisqu’elle fut conçue à Paris par deux élèves de Eiffel puis transportée et réassemblée sur place trois
ans plus tard, en 1909.
Dans un tout autre style, en hommage à la culture kanak qui représente 40% de la population, un magnifique musée à ciel ouvert
présente une série de totems sculptés par les artistes des différentes tribus du territoire. Hauts de plus de 4 mètres, ils ont chacun été sculptés dans un seul tronc d’arbre :
Parfois surpris ou inquiets...
parfois moins expressifs...
à quoi pensent-elles donc, ces têtes de bois ? Au référendum de 2014 sur le maintien de l’archipel au sein de la République Française ?
A la sortie de la ville, l’ancien pénitencier de Teremba,
reconverti plus tard en internat de jeunes filles et aujourd’hui ouvert au public, et plus au nord, Bourail,
notamment connue pour sa forêt aux pins si particuliers,
que nous traversons
afin de descendre à pied à la plage.
Deuxième particularité de Bourail, son rocher en pointe, isolé du reste de la falaise, qui peut faire penser à un petit Etretat (mais
si, mais si, on vous dit que ça ressemble à une petite Normandie !).
Hélas, ce qui jadis faisait la réputation de la côte n’est presque aujourd’hui qu’un souvenir… il s’agit de la ponte des tortues.
Le site n’ayant pas été protégé des mauvaises habitudes de la population, les œufs ont trop longtemps été ramassés et les omelettes
ont presque scellé l’avenir de l’espèce, qui aujourd’hui ne compte plus que quelques individus… qui préfèrent aller sur un petit ilôt isolé en pleine mer… Ce qu’il reste de ces grosses bêtes
attendrissantes, c’est une photo…
la baie des tortues n’est plus ce qu’elle était…
Robinson cherche un abri pour la nuit ?
Bien, mais il nous manque le pain frais pour le petit-déjeuner… Nous choisirons un camping situé plus au nord, sur la route de Koné.
La terre vue du ciel, ça vous dit quelque chose ? La couverture du célèbre livre du photographe Arthus-Bertrand n’est rien
d’autre que la photo du cœur de Voh, un trou naturel en plein milieu de la mangrove, qui s’étale ici sur des kilomètres dans un milieu très humide.
Hélas, le mauvais temps nous empêche de monter en hélicoptère, mais un arrêt en bord de route permet tout de même de prendre quelques clichés, dont un panoramique rendant compte de l’étendue de
cette végétation si particulière :
Nouvelle nuit de repos et sur le chemin de Koumac, au nord, le cimetière de guerre Néo-Zélandais.
Installé sur un terrain offert par un habitant de l’archipel, cet endroit est aussi beau que triste, aussi terrible que nécessaire, pour nous rappeler les combats du Pacifique durant la seconde
Guerre Mondiale, et tous les soldats kiwis tombés sur le sol ou dans les eaux françaises. Ils avaient entre 18 et 24 ans.
La pointe de l’île est la région des grottes, et notamment celles de Koumac, dont une simple photo donne une idée de la hauteur des
cavernes et de la taille des arbres…
Ici au nord, la végétation est reine, et les arbres poussent si nombreux qu’ils finissent par se chevaucher et parfois même par s’entasser sur un même tronc…
"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine
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