La Nouvelle-Zélande est composée de deux îles principales : l’île du Nord, marquée par le volcanisme et une activité géothermale ;
l’île du Sud, plus montagneuse, plus froide car plus proche du pôle, et marquée par la présence de glaciers, mais aussi de baleines et de pingouins sur ses côtes.
Le pays est grand comme le Japon, il faut donc du temps pour le traverser… aussi décidons-nous de rester dans l’île du Nord. Dans une banlieue d’Auckland, à une heure du centre-ville, nous
trouvons une affaire et louons une vieille voiture afin de parcourir les routes secondaires et ainsi mieux découvrir les paysages de bord de mer, les montagnes, vallées et forêts, plaines
géothermales et sommets volcaniques.
Notre première étape : les côtes de Coromandel… les plages y sont désertes et nous n’y rencontrons que ce couple de mouettes venu se tremper les pattes.
C’est ici qu’une pelle à la main, on vient creuser son trou dans le sable pour goûter aux sources chaudes qui affleurent à la surface du sol. La cafétéria loue les outils et indique où creuser
!
Dans ce coin peu fréquenté de l’île, le sujet de discussion n’est cependant ni la météo du jour ni le coefficient de marée. Un seul sujet est sur toutes les tables : la Coupe du Monde de rugby.
Pour avoir les derniers résultats, rendez-vous au comptoir !
En Nouvelle-Zélande, la mode est aux couleurs du maillot de l’équipe nationale, les enfants apprennent le haka à l’école, les passants parlent de ballon ovale sur le parking des supermarchés… et
quand nous les rencontrons, la même question revient sans cesse : « Mais que faites-vous donc ici ? Vous n’êtes pas en France pour la Coupe du Monde ?! » En voilà un scoop qui a retourné bien des
kiwis : des français en Nouvelle-Zélande pendant la Coupe du Monde à Paris !
Impossible de ne pas suivre les résultats de la Coupe, les télévisions locales passent en boucle les matchs du tournoi… depuis l’autre bout de la terre, nous suivons avec ferveur les résultats
des Tricolores…
… tandis que notre route reprend vers le Sud en direction de Rotorua. Destination Thames, la cité des chercheurs d’or. La ville propose avec fierté la visite de ce qui fut parmi l’une des plus
prestigieuses écoles de mines au monde.
L’ascension et la chute de la ville ont été fulgurantes : très vite après la découverte des premières pépites, des centaines de familles ont tout quitté pour venir s’installer à Thames. Jour et
nuit, les hommes creusaient les montagnes à la recherche du précieux métal. Pendant ce temps en ville, les machines à concasser les pierres, filtrer le sable et extraire les pépites
fonctionnaient sans cesse. Les habitants se plaignaient même de l’interdiction de travailler du dimanche, car habitués au chaos des machines ils ne supportaient pas le silence et ne parvenaient
pas à trouver le sommeil. Après seulement quelques années le sous-sol avait fini de livrer ses trésors, et l’exploitation n’était plus rentable. L’école des mines de Thames a continué
d’accueillir des étudiants du monde entier venus affiner leurs connaissances sur les minerais et les techniques d’extraction et de production.
Aujourd’hui, Thames vit sur son passé et les mines sont abandonnées, l’école est un musée, les hotels ferment leurs portes : les habitants ont déserté la ville, qui ne compte plus qu’un tiers de
sa population du XIXème siècle. Désormais la richesse de la région, c’est l’or vert. Jour et nuit, des camions transportent les troncs de sapin abattus en masse dans les plantations de
l’arrière-pays.
Au sud-est de Thames, la Bay of Plenty offre une terre fertile ensoleillée, exposée à un climat propice à la culture du raisin et du kiwi, of course ! Encore inconnu en Europe,
le Gold kiwi,
cousin de notre kiwi vert et acidulé, plus petit et plus rond, renferme une chair moelleuse et sucrée qui devrait vite faire parler d’elle… à suivre sur les marchés de France, alors que notre
pays est le deuxième producteur mondial de kiwis !
Nous poursuivons… une panne de voiture, un dépannage au milieu de nulle part et nous voilà à Rotorua, au cœur de l’action !
C’est ici que le voyage en Nouvelle-Zélande prend tout son sens : des bains de boue bouillonnants, des sources d’eau thermale, des geysers d’eau chaude, des plaines refoulant des vapeurs de
soufre et des bains acides de mercure et de minerai précieux… les sites de Rotorua se caractérisent par une activité volcanique et géothermale intense… et une odeur de soufre persistante que nous
garderons encore plusieurs semaines !
Entrée par Hell’s Gate, littéralement « Porte de l’Enfer »… mais pas de mauvaise rencontre ! Le gardien ?
Un paon femelle, qui nous accueille sur le parking Visiteurs…
Après un bain de boue aux vertus thérapeutiques, nous pénétrons dans le site naturel, où les cratères fumants
dégagent une vapeur plus ou moins chaude et toxique pour les plantes environnantes.
Parfois les arbres succombent à l’acidité des gaz…
Mais il arrive aussi que, grâce à une incroyable faculté d’adaptation, les plantes survivent et parfois même prospèrent :
Deuxième site exceptionnel : Crater of the Moon. Le sol n’est pourtant pas désertique. Au contraire, imaginez une vaste plaine vallonnée où le sol recouvert de lichens et
d’arbustes rampants crache des nuages de vapeur.
Parfois les fumées sont si importantes qu’elles recouvrent le paysage sans que l’on ne puisse plus suivre le tracé au sol.
A vrai dire, l’activité géothermale du sous-sol est si importante que la chaleur est récupérée par d’imposantes canalisations.
Un aperçu d’un trou naturel menant aux entrailles de la terre…
Sur le « cratère de la lune », il y a certes des sources chaudes, mais on se garderait bien de s’y baigner !
Pour un bain, le bon plan c’est de rejoinder la rivière Waikato avec serviette et maillot… dépaysement garanti ! Une eau à 40°C, une pluie fraîche et une température extérieure de 15°C : ça
requinque !
La suite du circuit de Rotorua, on verra plus tard !
"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine
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