Nous y sommes !
Derrière ces collines boisées, d’autres collines recouvertes de pâturages pour brebis. Une région d’élevage réputée.
Un environnement préservé, sans route ni même chemins de terre. Pas de ponts, ni de lignes électriques. Pas de rails, pas de voitures. Une herbe verte tendre appréciée des moutons. C’est ici que Peter Jackson a choisi il y a déjà 10 ans de situer le village de Fredon. En survolant la région en hélicoptère, il eut un coup de foudre sur le terrain d’un éleveur, terrain qui semblait parfaitement correspondre au décor décrit dans le livre fantastique.
Voilà Hobbiton aujourd’hui, la ville des hobbits dans le Seigneur des Anneaux.
De la ville construite en polystyrène il ne reste plus que cette colline et les maisons troglodytes. Bien qu’il ait fallu plusieurs mois à l’équipe de tournage pour tout mettre en place, il ne s’agit en fait que de planches de contreplaqué percées d’un trou faisant office de porte d’entrée. Les « maisons » ne font guère plus d’un mètre de profondeur, et pourtant, de l’avis de notre guide, elles menacent déjà de s’écrouler, sous le poids de la terre et des brebis qui viennent brouter l’herbe sur la colline.
Autre anecdote : le fameux chêne du village, acheté 10,000 dollars à un éleveur du coin, découpé en morceaux numérotés un à un, puis replanté en y fixant à la main des dizaines de milliers de feuilles artificielles (si, si) acheminées depuis l’Asie… Et tout cela pour quelques heures de prise de vue au final, la quasi-totalité du film ayant été tournée en studio...
Bref, cette étape à Matamata pour constater à quel point les paysages de Nouvelle-Zélande sont exceptionnels : ils attirent même les plus grands studios de cinéma !
Après une nuit en bungalow et une matinée de trampoline et de piscine chauffée aux eaux thermales, nous faisons route vers une nouvelle merveille naturelle : le pont de Mangapohue.
La falaise que l’on voit en arrière-plan fut sûrement autrefois la façade d’une large grotte. Alors que le sol poussait peu à peu vers le haut, le toit de la grotte, devenu instable, s’est
écroulé, transformant la grotte en une gorge aux parois abruptes.
Le pont naturel n’est rien d’autre que la section de toit qui est restée intacte
Au bout du sentier, des arbres gigantesques accompagnent le visiteur
jusqu’à une nouvelle plaine d’arbustes et de rochers.
Ces rochers témoignent de l’histoire ancienne de la région, qui il y a 35 millions d’années était recouverte d’eau. Le mouvement des plaques tectoniques a entraîné une élévation des fonds
sous-marins il y a quelques 10 millions d’années, les faisant ressortir de l’eau en faisant apparaître des fossiles d’huîtres géantes.
Un gros plan sur la roche permet de mieux voir les contours des coquillages.
De nombreuses autres grottes se visitent dans la région de Waitomo, dont celles de Piripiri, injustement peu fréquentées. Nous enfilons les imperméables, frontale sur la tête, et partons dans les
profondeurs de Piripiri.
Les passages sont étroits, et il faut grimper, sauter, descendre à bout de corde, s’aggriper aux parois pour progresser à l’intérieur de la grotte.
C’est ici que vit le diptère kéroplatide, ou ver luisant : un insecte qui se suspend aux parois des grottes et attire la femelle en faisant briller son abdomen dans l’obscurité de la
grotte.
Eric lève les bras au ciel : nous en avons trouvé trois !
Bien sûr impossibles à rendre en photo, leur taille et la lumière des flashs les rendant invisibles !
En revanche, nombreux sont les stalactites au-dessus de nos têtes. Certains sont « secs »,
les autres recouverts d’eau et gouttent sans cesse,
rendant le sol humide et boueux.
Nous sortirons de la grotte boueux et courbaturés, épuisés mais avec la chance d’avoir pu explorer une si belle grotte seuls avec nos torches, à l’aventure mais en toute sécurité.
Et pour finir notre périple en Nouvelle-Zélande, avant de rejoindre Auckland où notre avion pour le Chili nous attend, nous faisons un crochet par Te Aroha, fameuse pour ses fougères
arborescentes qui dominent la ville,
et dont certaines mesurent plusieurs dizaines de mètres.
L’attraction la plus connue de Te Aroha reste le capricieux geyser d’eau gazeuse, unique au monde !
Mais bien malheureusement, les centres de soins de balnéothérapie ont leurs tuyauteries souterraines et puisent leurs eaux thermales directement dans le sol, diminuant le niveau de l’eau et de la
pression de la source du geyser. Conséquence : celui-ci ne crache son eau que de temps à autre, de façon aléatoire. Voici comment se meurent les geysers en Nouvelle-Zélande…
Un scandale !
"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine
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