Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 18:51

Une ville, un homme, un coup de cœur : Jorge. 

Cet homme à la trentaine épanouie habite dans un agréable quartier au nord de Buenos Aires. Il est le père d’une petite fille de 5 ans et travaille en centre-ville, dans l’informatique.

 

Pour nous, sans hésitation la plus belle rencontre de notre tour du monde. Là non plus, il ne s’agissait pas d’un ami ou d’une connaissance interposée. Jorge, nous ne le connaissions pas avant de sonner à son bureau de Buenos Aires. Un échange d’email nous avait permis une rapide description et une simple mise en contact.


 

Voilà comment tout a commencé…

 

Tout juste descendus de l’avion en provenance du Chili, nous économisons le taxi en prenant le bus : c’est long mais pas cher - 0,5 euro. Nous arrivons dans la capitale argentine après 1h30 de transport ; sacs sur le dos, nous parcourons les derniers kilomètres à pied jusqu’au centre-ville, le « microcentro ». Les rues sont rectilignes, mais terriblement longues. Nous arrivons une heure plus tard à destination.

 

Jorge, le crâne rasé, habillé d’un pantalon beige et d’une chemise blanche, nous reçoit enthousiaste dans son bureau et nous présente à ses collaborateurs. Il a déjà pensé à tout : il nous confie au cas où ses clés et l’itinéraire jusqu’à sa maison, et nous donne rendez-vous en fin de journée pour faire le chemin tous ensemble.

 

Cela nous laisse deux heures…

Premier objectif : un sandwich. Nous avons passé la journée sans manger ni boire, et les kilomètres parcourus en ville sacs sur le dos nous ont donné quelques bouffées de chaleur…

 

Enfin, nous pouvons arpenter les rues du centre pour nous donner un premier aperçu de cette belle et grande ville. Nous traversons une rue piétonne, celle des grands magasins et des joueurs de musique. 

Oui, les argentins ont raison : il y a beaucoup de similitudes entre Buenos Aires et Paris. Par exemple, tout comme la Samaritaine, les Galerias Pacifico sont un centre commercial où le luxe côtoie le chic. On y trouve les plus grandes marques de cosmétiques et de prêt-à-porter. Même les prix sont identiques à ceux de notre capitale ! La décoration est raffinée, la peinture au plafond signée d’un grand peintre.

Autre point commun : les grands immeubles, signés par les architectes Dunant ou Mallet… 


Par ailleurs, les rues de BA sont animées, les chaînes de restauration rapide côtoient les restaurants les plus raffinés, les taxis et les bus sont pris d’assaut en fin de journée et le métro ne désemplit pas… Pour peu que le soleil soit au rendez-vous, on se croirait à Paris un après-midi de printemps !

 

17h30 : il est déjà temps de retrouver notre hôte et nos bagages avant de faire route vers la maison : un charmant 2 pièces où Jorge s’est installé il y a seulement quelques mois. Petit à petit l’appartement se meuble, mais déjà Jorge s’organise pour pouvoir recevoir des voyageurs du monde : après deux suisses reçues il y a deux semaines, c’est à notre tour d’être invités.

 

Une bouteille de rouge, du pain, du jambon sec et du fromage :

cette picada n’est qu’un apéritif, vive les tapas à la mode argentine !

Il faut dire que dans tout le pays et encore davantage à Buenos Aires, on aime bien manger et bien boire. Le vin est bon, la viande de bœuf sensationnelle (la meilleure du monde ?) et très bon marché (la moins chère du monde !), alors… on en profite ! Picadas tous les soirs et une bonne cure de bœuf, après des mois de poulet et de sandwichs !

 

Bon, bien sûr, il nous est arrivé de craquer et de manger une pizza en bas de chez Jorge…

mais cela fait partie de la culture gastronomique du pays, il faut connaître ! Ici, les pizzas se mangent beaucoup, mais cuisinées à la mode argentine ; Pizza Hut en a fait les frais et a dû fermer l’ensemble de ses points de vente !

 

Après la cuisine, la visite du quartier de la Boca, si fameux à Buenos Aires :

Nous pénétrons dans un monde de couleurs, aussi bien dans les peintures des maisons

 

que dans la devanture des magasins,

les faïences des murs publics

ou les peintures murales.

Comme à Montmartre, on peut acheter une peinture-souvenir du célèbre barrio et emporter ces couleurs chez soi...

La Boca est mondialement connue pour son club de football, le Club Atletico Boca Juniors, où a joué Diego Maradona. Le mythe Maradona est représenté sur le balcon d’Eva Peron avec le plus célèbre chanteur de tango, Carlos Gardel.

La Boca est en effet la capitale argentine du tango.

 

Né à la fin du XIXe siècle dans les quartiers populaires de Buenos Aires et de Montevideo (Uruguay), il est d’abord dansé par les immigrés européens, principalement espagnols et italiens. A la fois mélancolique et entraînant, le tango permet aux hommes venus chercher fortune, très nombreux pour un nombre de femmes limité, de se mettre en concurrence. Du fait de la rareté des femmes (70% de la population de Buenos Aires est alors masculine), il se danse essentiellement entre hommes. Les bordels et les bars du port sont les lieux mal famés où l’on danse le plus.

Il est alors impossible aux jeunes hommes de bonne famille de danser le tango, immoral aux yeux de la classe bourgeoise. Le tango traverse l’océan et voyage jusqu’à Paris où la capitale française est à l’affût de toutes les nouveautés pour s’égayer. Nous sommes au début du XXe siècle et très vite, la danse est choyée par la société parisienne. Le tango acquiert ainsi ses lettres de « bourgeoisie » et finit par se diffuser sur ses terres natales auprès de la bonne société, aidé par une certaine aura européenne.

C’est au cinéma qu’il connaît son heure de gloire, et si La Boca reste pour toujours associée à l’histoire du tango, c’est parce que le quartier du port de Buenos Aires, pauvre et principalement habité par les familles des immigrés européens, est considérée comme étant le berceau de cette danse que certains considèrent aujourd’hui comme une culture à part entière.

 

Les touristes viennent en nombre visiter les rues du barrio et pas un ne manque d’arpenter la célèbre rue du Caminito,

où l’on vient toujours écouter quelques morceaux de musique populaire. 


Une ambiance quelque peu bohémienne et décalée…

Le cimetière de Recoletta est en soi un autre monument de Buenos Aires.

Tout comme Paris, Buenos Aires possède elle aussi un cimetière célèbre dans le monde entier.

Alors qu’au Père Lachaise reposent les plus grands noms de la culture française, ici sommeillent la noblesse argentine, la classe politique et les anciens présidents, et bien sûr Eva Peron, reconnue pour avoir concentré ses efforts sur les oubliés de la société argentine.

Les mausolées, réalisés dans les matériaux les plus nobles, bronze et marbre blanc,

racontent chacun à leur manière la perte d’un être cher. Beaucoup de détresse et de pudeur : le cimetière de Recoletta est beau et émouvant.

 

D’autres grands noms de l’histoire du pays sont célébrés à BA : les Généraux Simon Bolivar et Jose de San Martin. Tous deux représentent l’émancipation des colonies espagnoles d’Amérique du Sud dès 1813.

 

Alors que de nombreuses statues sont dédiées au premier,

Le deuxième repose dans la cathédrale face à la Plaza de Mayo, veillée par des soldats du corps prestigieux des Grenadiers à Cheval.

C’est sur cette même place que se trouve le Palais présidentiel, du balcon duquel la célèbre Eva Peron faisait ses discours au peuple argentin.

Aujourd’hui l’ambiance est plus tranquille et les pelouses du palais reçoivent quelques habitants en mal de vacances.

Après une semaine formidable passée en compagnie de Jorge, nous sommes parvenus (il ne voulait pas, le bougre !) à l’inviter dans l’un des meilleurs restaurants de grillades de la ville. Au menu : bœuf et vin rouge, évidemment !

Merci Jorge pour ton accueil, ta gentillesse, ta générosité, ta simplicité et ton aide, dans notre séjour comme pour les évolutions de notre blog… Nos extrañas, amigo…

Par ED - Publié dans : Argentine
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