Le Paraguay… un pays méconnu, et tant mieux !
Encore peu fréquenté, il garde sa simplicité et son authenticité. Les locaux viennent vers nous et discutent, nous proposent de nous prendre en stop et nous déposent à la porte de notre hôtel, échangent les cartes de visite… et puis ils nous demandent pourquoi… pourquoi le Paraguay ?
Essentiellement pour les ruines jésuites, il faut le reconnaître : après Iguaçu, nous continuons notre route vers les ruines des missions jésuites, parmi les plus importantes d’Amérique du Sud, aujourd’hui classées au Patrimoine mondial de l’Humanité.
Mais sur notre chemin, nous découvrons de nombreuses facettes à ce surprenant pays. Tout d’abord, Ciudad del Este,
ville frontière avec le Brésil. La ville est spécialisée dans le commerce des dernières innovations technologiques à bas prix.
Oui, la ville souffre encore de son image sulfureuse de point de passage de la drogue depuis et vers le Brésil, de trafic d’armes et de contrebande de marchandises. Mais cette ville, où chaque coin de rue est gardé par un policier en arme, garde un certain dynamisme que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le pays. On vend de tout, partout. Des écrans plats aux t-shirts et des parapluies aux machines à laver, des ustensiles de cuisine aux derniers modèles de la hi-fi japonaise… on vend dans la rue, dans les marchés… et dans les magasins, oui, quand même !
Tout n’est pas au noir, tout n’est pas contrebande ! Et même si la frontière avec l’Argentine et le Brésil reste l’une des plus surveillées du monde, il n’y a pas que les malfrats qui font le chemin : les brésiliens viennent à Ciudad del Este faire leur shopping… toute une journée et puis s’en vont ! Ce qui est dommage. Oui, le Paraguay vaut le détour. Pour le Hong-Kong de l’Amérique… pour les ruines jésuites de Jesus et Trinidad… pour la générosité de ses habitants… et pour Itaipu.
Non loin de Ciudad del Este, sur le fleuve Parana, nous visitons ce chef d’œuvre du monde moderne, une prouesse
technique du XXe siècle : le barrage d’Itaipu.
Il s’agit de la plus grande centrale hydroélectrique du monde après le barrage des Trois Gorges en Chine. Construit en collaboration avec le Brésil, il fournit plus de 25% de la consommation électrique brésilienne et près de 90% de la consommation paraguayenne. C’est tout simplement… gigantesque. Et la capacité de la centrale continue d’augmenter, de nouveaux réacteurs étant régulièrement ajoutés. La centrale assure aujourd’hui une production annuelle de plus de 100 milliards de kilowatt-heures… un chiffre plein de démesure, non ?
Pour la visiter, c’est un peu le parcours du combattant : un bus robuste et bariolé
nous emmène sur une nationale à l’écart de la ville (merci pour le maté !) ;
* décoction de feuilles : une spécialité de la région
de là, il faut passer sous les grillages (merci au chauffeur pour nous avoir indiqué le raccourci !),
et après avoir traversé un gigantesque parking, nous finissons par trouver l’entrée. Nous découvrons un immense
barrage, si long qu’il ne tient pas entier dans une panoramique : il se déploie sur près de 180° !
A l’intérieur de ce monstre de béton, on peut visiter certaines salles pour mieux se rendre compte de l’ampleur du
chantier. Ci-dessous, la salle où l’on prépare un nouveau réacteur… (un de plus !)
Voilà à quoi peut ressembler l’intérieur de la bête :
Alors, pourquoi Itaipu est-il considéré comme l’une des sept merveilles du monde moderne ?
Ce concept, développé par l’American Society of Civil Engineers, fait, vous l’aurez deviné, référence aux sept merveilles du monde antique. C’est l’avant-gardisme de la construction, la prouesse d’ingénierie et la contribution à l’humanité qui lui confèrent ce titre. Les paraguayens estiment avec fierté que la quantité de fer et d’acier aurait pu permettre la construction de 380 Tour Eiffel. L’intensité des travaux (qui sur plusieurs années se sont déroulés jour et nuit sans interruption) a hélas aussi entraîné la mort de 148 ouvriers… une vraie hécatombe.
Et que dire du désastre écologique de ce barrage, qui a inondé des milliers d’hectares de terres peuplées par les indiens Guarani, aujourd’hui cloitrés dans des réserves ? Et quid des écosystèmes de la région ? La création de zones de réserve aux alentours d’Itaipu n’est-elle pas un aveu de la disparition de zones entières de forêt tropicale et d’espèces fragiles et déjà menacées ?
Oui, Itaipu est réellement impressionnant, et démontre que dans le domaine de l’ingénierie civile, le Paraguay veut
servir d’exemple dans l’Amérique du Sud, tout comme Ciudad del Este dans le domaine de l’électronique. Une autre image que celle que l’on avait en tête en franchissant la frontière : celle
d’un pays tranquille, traditionnel, croyant et pratiquant,
et centré sur la préservation de son patrimoine historique… les fameuses ruines jésuites… à voir prochainement !
"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine
L'intégralité du texte, des images, vignettes et icônes présents sur ce site sont soumis aux droits d'auteur © Eric DUTU. La qualité des photographies est réduite pour un affichage web optimal. Clichés originaux en Haute Définition disponibles à la vente, signés et numérotés. www.visagesdumonde.net est un carnet de voyage. Ces Visages du Monde sont des visages d'hommes, de femmes et d'enfants, de rencontres aux quatre coins du monde, de sites naturels et culturels classés au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, d'univers urbains et sauvages, de conditions de voyage et de vie durant un Tour du Monde. L'ensemble du site www.visagesdumonde.net est en accès libre et sans publicité. Réalisation technique et graphique : Eric Dutu. Copyright © Eric Dutu 2012 | Tous droits réservés
