Dimanche 24 octobre 2010
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Nous quittons le Paraguay sur une note amère : l’expérience d’une police corrompue et malhonnête.
Autant nous recommandons le pays pour la générosité et la spontanéité de ses habitants, autant nous adressons un carton rouge à la police des douanes, qui loin de donner l’exemple, s’est révélée
être le premier maillon d’une corruption qui entame fortement la réputation du pays.
Attention donc en vous rendant au Paraguay… et en en sortant…voici le récit de nos mésaventures…
Ville de contrebande et trafics en tous genres, Ciudad del Este a la particularité d’être un point d’entrée où les véhicules ne sont
pas arrêtés par les douanes. De fait, les passeports ne sont pas vérifiés, les tampons ne sont pas délivrés. Alors, comment se passe la sortie du territoire ?
Deux cas de figure :
- Soit l’on ressort par ce même poste frontière (aller-retour depuis l’Argentine ou le Brésil pour acheter de la marchandise
contrefaite) : aucun problème, il n’y a pas plus de contrôles dans ce sens.
- Soit l’on ressort par un autre poste frontière (visite et traversée du pays) : ce que nous avons fait, et c’est là que les
ennuis commencent…
Certes, l’agent des douanes d’Encarnacion reconnaît les troubles et irrégularités de ses collègues d’Encarnacion. Elle conçoit tout à
fait que l’on soit rentré dans le pays sans aucune vérification des documents ; à vrai dire, elle n’est pas étonnée. Mais elle choisit de ne rien savoir et nous refuse la sortie du pays. Le
message a le mérite d’être clair : « Vous ne pouvez pas sortir du pays. » Pire, elle tente de nous confisquer les passeports et veut nous soumettre à l’amende. La voilà qui
s’emballe et s’applique à nous donner le meilleur de sa mauvaise volonté.
La tension monte. Payer une amende et laisser nos passeports à un agent magouilleur complice de ses collègues corrompus, il n’en est
pas question. Comment avoir confiance en cette police fraudeuse ? De crainte qu’ils ne soient gardés en caution, Eric ne lâche pas les passeports et rappelle que les documents sont
propriétés de l’Etat français. Ils n’appartiennent ni à nous-mêmes… ni à quelconque agent véreux du bout du monde ! Impossible de nous les confisquer !
Menacé d’aller en prison s’il ne « collabore » pas, la tension est à son comble et Eric décide d’appeler l’ambassade de
France. C’est une chance, il nous reste au moins ce droit ! Il est 22 heures et les services sont fermés : nous composons d’une cabine une dizaine de numéros avant d’obtenir le numéro
personnel du Consul. Bien que son intervention ne nous prive pas d’amende, elle nous permet néanmoins d’échapper à un montant arbitraire et non officiel. Qui plus est, bien qu’elles restent sans
pouvoir face aux agissements de la police dans ces points sensibles d’Amérique du Sud, nous dénonçons auprès des autorités françaises ces pratiques scandaleuses afin que les touristes français en
soient mieux avertis par la suite.
Et au final, nous quittons le poste frontière après nous être acquittés d’une amende de… 70 dollars chacun !
« Estimez-vous heureux, vous pouvez au moins quitter le pays », lâchera le Consul, compatissant.
Et croyez-nous, il est bien difficile de s’estimer chanceux quand on se fait voler 140 dollars !
Et qu’il a fallu gérer en même temps que les douanes et le Consul, le chauffeur du car qui menaçait de partir en nous laissant en
pleine nuit au beau milieu d’une zone que l’on ne recommanderait à personne !
Parce que ça soulage, et parce qu’il est amplement mérité, laissez-nous l’écrire une dernière fois : aux polices des douanes du
Paraguay, nous adressons un carton rouge.