Départ de nuit depuis Buenos Aires, direction Lima : nous retrouvons Joël qui nous attend au milieu du terminal… c’est sûr, on
ne pouvait pas le rater !
Il a le sourire, Joël, et on aime ça. Il est accueillant, Joël, aime la fête et les amis. Et ça aussi, on aime ! A peine un jour
passé avec lui et on se retrouve déjà à prendre un verre chez son frère, un peu plus loin dans Lima. Le prétexte de la soirée : goûter au Pisco Sour, le cocktail local !
Préparation en coulisses…
Frais, léger et doux… une merveille !
En compagnie de Miguel et Audrey, deux autres touristes hébergés par Joël, nous trinquons tous pour l’événement du jour :
l’arrivée de Christiane dans quelques heures à l’aéroport de Lima !
Son cadeau d’anniversaire : trois semaines au Pérou… Parée pour l’aventure ?
Dès le départ, la maman d’Eric doit affronter des galères : elle se retrouve bloquée à Atlanta suite à un méli-mélo
invraisemblable dont à ce jour ni Air France ni Delta Airlines n’endossent la responsabilité…Résultat : une journée de voyage perdue, et aucune indemnité de versée…
Nous dénonçons ces deux compagnies, respectivement pour les grèves intempestives et le surbooking suivi d’un SAV inexistant. Avec
Iberia (également adepte du surbooking), vous avez là le bas de tableau de notre classement des compagnies aériennes… Asie : 1. Europe et USA : O !
Mais enfin… après deux jours de voyage est-ouest puis nord-sud, Christiane arrive enfin : le parcours du combattant ne fait que
commencer !
Aussitôt présentée à nos amis de Lima, nous prenons tous un taxi pour le quartier de Condevilla, où Joël vit avec sa grand-mère et…
son arrière grand-mère, une centenaire qui tient la forme ! Le quartier est saisissant. Dans un premier temps, on retient son souffle… immeubles en brique délabrés et carcasses de voitures
alignées le long des trottoirs : on se croirait dans un pays en guerre.
Les épiceries n’ouvrent jamais leurs portes. Ici, tout se vend au travers des barreaux !
Bien sûr, accompagnés de Joël nous encourons moins de risques, et à vrai dire le quartier ne se révèle pas si dangereux que ça. Et
pour cause : les brigands n’y sont pas le jour, ils vont au centre historique où affluent les touristes ! Le soir, c'est certain, il faut rester chez soi…
Une fois passés derrière les barreaux de la maison, nous sommes en totale sécurité. Tandis que Laure épluche avec la grand-mère les
catalogues de supermarché,
Christiane découvre sans trop broncher la chambre où elle passera la nuit.
Un peu sommaire certes, mais on y dort très bien. N’est-ce pas Eric !
Il faut dire qu’on était pistonnés ! Joël a de la famille qui travaille dans un club de gym. Nous avons donc pu obtenir 3 tapis
de sol pour la nuit !
Après 2 nuits passées chez la grand-mère avec Christiane en invitée surprise, nous choisissons de la récompenser en déménageant dans
un bel hôtel colonial du centre-ville. C’est aussi ça notre tour du monde : une alternance de chic et de pas chic… Pour un hôtel colonial, il ne pouvait pas mieux porter son nom : Hotel
España.
C’est le début d’une longue journée : nous partons récupérer nos sacs chez Joël où la grand-mère reçoit en remerciement
quelques-unes des photos prises avec elle.
Nous faisons un détour par le marché de quartier
avant de rejoindre le centre-ville en taxi. Les alentours du centre sont animés et il arrive fréquemment de surprendre des livraisons
de vêtements à faire pâlir d’envie un marchand chinois…
Le cœur de Lima, lui, est magnifique…L’Unesco ne s’y est pas trompée et l’a rajoutée sur sa liste du Patrimoine Mondial de
l’Humanité. Le meilleur de la Plaza de Armas : la cathédrale, construite à 3 époques différentes, dans 3 styles bien distincts :
Comme dans toute l’Amérique du Sud, les églises et couvents sont nombreux dans la capitale péruvienne...
Les péruviens sont très pratiquants… Et l’Eglise continue ici aussi de jouer un rôle important dans la vie des habitants.
A quelques blocs du centre, nous visitons le musée de l’Inquisition.
Oui, Lima a connu différentes civilisations, et celle qui a sans doute le plus bouleversé le cours des choses est la
colonisation espagnole et l’Inquisition. Le Tribunal de Lima a été mis en place par le royaume espagnol pour notamment juger les cas de sorcellerie, judaïsme et bigamie :
Bien que les chiffres ne soient pas aussi terrifiants que les estimations données pour l’Angleterre et l’Allemagne (50,000 et plus de
100,000 victimes au cours du XVIIème siècle), ici aussi les sorcières étaient jugées et condamnées. Un portrait-type de sorcière pouvait même être donné : de classe sociale basse,
probablement célibataire, gagnant sa vie en lisant les lignes de la main ou en pratiquant des rites pour réaliser les vœux de ses clients, ayant recours à des objets, amulettes ou animaux, la
sorcière pouvait aussi user de son savoir pour donner le mal et préparer des potions empoisonnées. Les procès pour superstition furent étonnamment peu nombreux : 271 selon les archives
nationales…Le Tribunal semblait tenir compte de la pauvreté desdites sorcières et de leur besoin de gagner leur vie, coûte que coûte…
Dans une société où l’Eglise et l’Etat s’apportaient un soutien mutuel, tout se qui allait à l’encontre de la loi ou de la morale
était puni par emprisonnement, tortures, galères… ou mise à mort. Pour un même fait, les peines pouvaient d’ailleurs être cumulées entre elles…
Autre délit, le Judaïsme : aucune religion différant du catholicisme n’était tolérée.
La bigamie – second mariage contracté sans rupture du précédent – était enfin sévèrement punie. Les bigames étaient jugés tout comme
les personnes ayant servi de témoin quant aux informations de célibat.
Le plus frappant lors de la visite de ce musée, est ce pan de mur où un prisonnier a gravé des inscriptions… et cette tête de mort
trépanée à l’aide d’une croix catholique…
Terrifiant…
Changement d’ambiance radical dehors, où un enfant vide ses poches pour donner à manger aux pigeons.
Nous quittons le centre pour rejoindre Joël et Audrey visiter le Callao, port de Lima.
De magnifiques maisons restaurées rappellent la gloire passée de ce port essentiel pour le commerce en Amérique du Sud... et pour la
défense de Lima.
Aujourd’hui encore, la Marine du Pérou est présente au Callao, et il n’est pas rare de voir des marins arpenter les
rues :
La ville s’est tant agrandie que le phare est désormais en plein carrefour. Il y a quelques décennies encore, il marquait pourtant la
limite de la municipalité…
La nuit tombe, nous arpentons les rues de la ville pour enfin trouver après plusieurs kilomètres de marche, un restaurant ouvert… une
cantine… typique. La spécialité de Lima ? Ex æquo avec le ceviche : le quart de poulet grillé servi avec frites et salade… le tout pour trois dollars… et même un verre d’Inka
Cola en prime, lui aussi bien typique ! Mais ça, on a moins aimé...