Pisac est un petit village situé à seulement 33 kilomètres de Cusco. Célèbre pour son marché du dimanche,
nous nous y rendons afin de découvrir les spécialités artisanales du Pérou et bien sûr, faire quelques emplettes afin de renvoyer sur
Paris quelques souvenirs marchandés aux villageois.
Par manque de place, tout le monde n’a pas de stand et il arrive qu’une femme ait à s’asseoir par terre pour vendre ses quelques
tissus.
Il est en revanche coutume d’installer les marchandes de fruits et légumes par terre, en plein centre du marché : et si les
touristes sont ici beaucoup moins nombreux, les scènes de marché ne sont pourtant pas dénuées d’intérêt.
On découvre des variétés de légumes inconnues chez nous et pourtant bien classiques au Pérou, comme le maïs à grain jaune, rouge
ou noir :
Les occasions de portrait sont nombreuses, et les villageoises plus ou moins volontaires :
Certaines femmes, souriantes, se prêtent mieux à la photo couleur…
D’autres, le regard sombre, sont parfaites pour le noir et blanc !
Pisac est pour nous sans conteste le plus authentique de tous les marchés visités en Amérique du sud… les péruviens sont par ailleurs
agréables et courtois, et il n’est pas rare de rentrer en discussion avec eux.
D’ailleurs, le temps presse et nous retournons à la chambre d’hôtel déposer les appareils photo et prendre quelques billets avant de
partir aux affaires… bijoux, tissus, vêtements, céramique, objets de la période coloniale… on trouve de tout sur ce marché, et l’on en revient les mains remplies de sacs. Vient déjà l’heure de la
messe, tenue dans une petite église à l’écart du village :
Qu’en est-il ? Un moment intense de recueillement et de prières en quechua (la langue des incas, encore parlée par 8
millions de péruviens !), et bien que l’on ne comprenne pas un mot des paroles du prêtre, on ne peut être qu’absorbé par l’ambiance si particulière de cette célébration pour laquelle les
habitants des alentours descendent dans la vallée. Les femmes étant au marché, ce sont les hommes qui assistent à l’office :
Ajoutez à la langue quechua les odeurs d’encens brûlé, les costumes colorés des villageois et ce long instrument à vent dans lequel
ils soufflent à s’époumoner au moment de la communion, et vous avez une idée de ce que l’on peut ressentir lorsque l’on assiste à un tel évènement : oui, c’est émouvant…
Dans une cour ensoleillée où prospèrent les cactus en fleurs,
nous déjeunons d’une délicieuse truite pêchée le matin même dans la rivière. Quelle merveille ! Fraîche, tendre, parfumée et
savoureuse, quel régal !
Et pour finir cette journée en beauté, il nous reste à visiter les ruines inca de Pisac. Les touristes qui ne sont plus au marché
sont directement repartis à Cusco… nous nous retrouvons donc que tous les trois seuls sur le beau, le magnifique, l’incomparable site de Pisac.
On nous avait prévenu : « A Pisac, vous aurez toute la magie des sites incas, dans un environnement sans pareille et un
calme absolu »… quelle régalade !
Ce site archéologique est le plus important de la Vallée sacrée des Incas ; les ruines sont réparties sur la crête d’une colline à l’entrée de la ville.
A l’est, on aperçoit des falaises percées de centaines d'excavations.
Il s’agit des tombes de villageois incas pillées avant l'arrivée des archéologues. Chaque trou – il y en a des centaines - est une tombe…
En revenant vers l’ouest, le versant de la colline est strié de terrasses agricoles construites par les incas et toujours
utilisées :
Les incas pouvaient ainsi mettre en culture les pentes abruptes des montagnes. Sur la gauche de la photo suivante, on peut apercevoir
l’étroit sentier aménagé par eux. Nous l’empruntons aujourd’hui pour parcourir le site :
L’aménagement agricole s’ajoutait aux fonctions religieuses
et militaires de Pisac, construit pour défendre l’entrée sud de la Vallée Sacrée.
Le paysage est à couper le souffle :
Il y a même encore les escaliers ! Raides et sans rambarde, bien sûr ! Il faut monter les marches…
en redescendre d’autres…
grimper à quatre pattes…
redescendre à quatre pattes…
une fois arrivés, on souffle un grand coup
et on se dit… je l’ai fait !
Quel bonheur !
La suite, vous la devinez. Il faut redescendre…
prendre quelques bouffées d’oxygène (en bombe), et c’est reparti : encore une bonne heure de marche avant d’arriver au taxi.
Nous raccompagnons en ville un guide local coincé dans la montagne… Se dire qu’il descend tout droit de ce peuple si puissant… et qu’il tient à monter dans le coffre de la voiture ! Cherchez
l’erreur…