Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 20:13

8… 8 mois de voyage autour du monde… et nous projettons le Machu Picchu pour le 5 novembre. Nous serons à l’heure au rendez-vous, jour pour jour… Pour ses 30 ans, Eric rêvait déjà depuis Paris de s’offrir le Machu Picchu… Au sein d’un voyage extraordinaire, un cadeau d’exception pour un jour particulier…

 

Prêts pour visiter l’une des sept nouvelles merveilles du monde ?
Armé de son appareil photo, Eric est dans les starting blocks…
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Direction la gare où nous prenons le train pour Aguas Calientes, le village situé en bas de la montagne sacrée.
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Nous y arrivons la veille de l’anniversaire et déjà la fête commence : un bain dans les sources chaudes de la vallée de l’Urubamba,

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apéritif au champagne Pommery (merci Laure !) et aux chocolats Godiva (merci maman !) à 3 sur la terrasse de notre hôtel dont nous disposons pour la soirée, avec vue sur la place éclairée où trône la statue de l’Inca,

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dîner à l’Indio Feliz où nous sommes accueillis par un chef français qui du bout du monde fait parler de lui et attire dans son restaurant les célébrités de la planète (comme Bill Gates, Cameron Diaz…) et les plus fins gourmets (comme nous, ah ah !)...

undefined   Passionné d’archéologie, Eric se voit offrir par notre ami une pierre de taille d'époque inca, à l’époque utilisée pour travailler les pierres des temples. Quels cadeaux ! Que rêver de plus ?   Le Machu Picchu, bien sûr !

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Nous y arrivons le 5 novembre à 7 heures du matin :ça y est, Eric est trentenaire !

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Le souci ?
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Pas les cactus, non… le mauvais temps ! Une alternance de bruine et de pluie dans un brouillard à couper au couteau, un froid de canard... voilà à quoi ressemble le site quand nous arrivons, dès son ouverture :

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Par chance, nous arrivons rapidement à la maison du gardien, une construction recouverte d’« ichu », des graminées des Hautes Andes. Une façon d’enseigner aux visiteurs comment étaient recouverts les toits des édifices incas…

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pour nous, une façon d’abriter les malheureux venus sans manteau ni kway !
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Nous y passons 1 heure 30, recroquevillés dans un coin, transits de froid… L’attente est longue et nous sommes désolés de ne pas profiter de la journée. Alors tant pis, nous décidons de sortir de l’abri : on verra bien ! (même si pour l’instant…on ne voit pas grand-chose ! Devant nous c’est pas terrible…

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et derrière nous… c’est pas mieux !)
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Le temps ne semble pas favorable… et la carte est muette, elle n’indique pas notre chemin vers le pont Inca ! Démarrage difficile...
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Après une heure sous le crachin nous revenons au centre de la Ville Sacrée. Eric simule l'escalade des terrasses agricoles,

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reliées entre elles grâce à des pierres plus grandes coincées dans les parois et servant d’escalier aux lamas qui montent et descendent les nombreux niveaux du secteur… Ces lamas semblent plus à l'aise que nous pour cet environnement de montagne, de pierres et de dénivelés !

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Chacun à sa façon, nous cotoyons ces bêtes, introduites par l’homme (pour assurer une pelouse courte !) mais évoluant en totale liberté. Le bâton de berger à la main, la maman d’Eric pose en gardienne de troupeau…

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le fiston prend des portraits pour ses « Visages du Monde »…
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alors que Laure tente de les approcher... ouf, ceux-là ne crachent pas au visage !
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Et puis en un instant, la magie opère. En une fraction de seconde, un coup de vent chasse l’épais nuage qui recouvrait la montagne, et le sanctuaire sacré du Machu Picchu (du quechua « vieille montagne »)  nous apparaît dans toute sa splendeur :

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Puis la montagne d’en face, le Wayna Picchu (« jeune montagne ») devient visible à son tour :
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Le paysage est saisissant, émouvant, bouleversant : on frissonne de plaisir devant ce paysage unique de ruines, forêt tropicale, montagnes, canyon et rivière. La cerise sur le gâteau ? Un lama vient à nos côtés profiter lui aussi de cette vue idyllique :

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Nous sommes là au principal point d’observation de la citadelle. Qui n’a pas déjà vu ces images dans un magazine ou à la télévision ? Depuis ce secteur nous pouvons apprécier la beauté et la grandeur de l’ensemble du sanctuaire, construit en parfaite harmonie avec la géographie accidentée et hostile de la zone. C’est si beau que l’on a du mal à bouger. Après plusieurs séries de panoramiques, on immortalise l’instant inoubliable,

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on pose nos appareils et on s’assoie pour contempler le spectacle et savourer l’instant. Curieusement, il ne fait plus froid et les rayons du soleil nous réchauffent maintenant… Et puis, vient cette question : que représentait Machu Picchu pour les incas ?
Machu Picchu est aujourd’hui considérée comme la création urbaine la plus stupéfiante
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de l'Empire inca à son apogée : 

Situé à 7 ou 8 jours à pied de Cusco, le site contient les restes d’édifices qui étaient autrefois recouverts d’or, des temples construits dans l’enceinte protégée de la cité, des réseaux d’irrigation et des fontaines creusées dans la roche, des observatoires astronomiques et de nombreux endroits dédiés au culte des morts.
 
Près d’un siècle après sa découverte archéologique et grâce à l’étude récente d’archives datant du XVIème siècle, il y a de bonnes raisons pour penser que, à l’instar des pyramides d’Egypte ou de la tombe de l’Empereur Chin Shi Huan en Chine, le Machu Picchu ait constitué le mausolée de l’Inca Pachacutec, dont le règne débuta en 1440.
 
En outre, selon les estimations, entre 300 et 750 personnes vivaient ici, principalement de haut rang et dans la lignée l’Inca Pachacutec. Le site n’aurait pas été une ville traditionnelle mais plutôt un lieu spirituel.
 
Il n’est pas rare même aujourd’hui d’y voir certains touristes rechercher la sérénité dans un quelconque endroit isolé :

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Bien que la séquence dans la construction ne soit pas connue, il semble que l’ensemble ait fait partie d’un seul et même projet d’urbanisation, avec toutefois quelques corrections mineures en cours de route.
 
Ce qu’on ignore, c’est la raison qui a entraîné le départ des incas. Hypothétiquement, les archéologues pensent que les habitants, qui cherchaient à éviter un siège des espagnols qui envahissaient le pays, sont partis se réfugier dans des lieux plus reculés encore. La ville semble ainsi avoir été abandonnée avant l’invasion espagnole de 1532. 
 
Pour le moment, après une paire d’heures passées dans le secteur agricole, nous choisissons de rentrer dans la citadelle, par l’unique porte d’entrée, originale. undefined  

On se retrouve à côté d’un ensemble de qolqas, greniers qui permettaient de stocker les excédents agricoles,
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et de Callancas, des grands édifices comportant de nombreuses portes et fenêtres qui, semble-t-il, offraient un toit à toute personne arrivant dans la citadelle, et dans lesquels on aurait donné à ces visiteurs tout ce dont ils avaient besoin durant leur séjour. undefined  
Les greniers se trouvent éloignés des autres groupes urbains (temples et logements de la noblesse d’une part, logements de la classe populaire d’autre part) ; leur architecture et leur organisation spatiale diffèrent d’ailleurs clairement des autres constructions. undefined
Il est vrai que les espagnols n’ayant jamais trouvé le Machu Picchu, le niveau de conservation des ruines est bon, et les constructions les plus osées tiennent toujours bon.
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Néanmoins, il faut mentionner l’organisation de campagnes de maintenance et de reconstruction du site. On le devine parce que certaines pierres sont plus claires que undefined

d’autres,  ou alors simplement parce que certaines portent encore un numéro
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d’assemblage inscrit par ces « maçons des temps modernes », descendants des incas, c’est sûr,

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mais qui contrairement à leurs ancêtres n’hésitent pas à tartiner de ciment… La preuve en images ?

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Il est hélas indéniable que le site est en danger. La forte fréquentation du Machu Piccchu pose des problèmes quant à la stabilité du sol et provoque un risque d’effondrement. Mais ne vaudrait-il pas mieux réduire le nombre de visiteurs journaliers, tout en augmentant le prix d’entrée pour ne pas affecter le chiffre d’affaires ? Des mesures doivent être prises prochainement, une étude lancée par l’Unesco en 2007 devant mieux qualifier les risques liés à la fréquentation de la ville inca. Des propositions sont pourtant faites pour installer un téléphérique… Et puis quoi encore ? Quel scandale ! Quelle honte !     Nous concernant, à 11 heures du matin il n’y a pas encore trop de monde. Nous jouissons de panoramas exceptionnels pris depuis des postes avancés où nous ne croisons que rarement du monde :

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Les groupes, qui semblent arriver tous en même temps, viennent d’entrer sur le site et sont loin derrière nous… et heureusement ! Imaginez le bruit et la cohue, dans un lieu qui invite tant au silence et à l’humilité !
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Nous passons maintenant les carrières de pierre, desquelles a été extrait le matériau permettant la construction de la ville.

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Un peu plus loin, la Place des temples. C’est un espace ouvert sur lequel se trouvent deux temples majeurs formés à partir d’imposants blocs de pierre.

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Depuis le côté de la Place des temples, il est possible d’observer une partie du canyon du Machu Picchu, la route d’ascension depuis Aguas Calientes et la végétation luxuriante.

undefined Plus à l’est, la pente de la montagne montre à quel point le relief escarpé ne laissait pas la place à un autre mode de culture que les terrasses agricoles.

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La plateforme de la pyramide de l’Intihuatana, consacrée aux cérémonies, est la structure la plus importante de la cité. Elle aurait été utilisée pour l’observation astronomique et les rassemblements des habitants et des visiteurs, lors desquels l’Inca, dit-on, dictait ses ordres. Nous y faisons une pause-banane
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et profitons une fois de plus de la vue… que voulez-vous, c’est si beau !
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Le dernier groupe que l’on visite, c’est le quartier des prisons, dont la vocation reste assez douteuse. Bien que les cavités et niches percées de trous puissent faire penser à des cellules, il pourrait aussi s’agir d’un lieu dédié à des rites funéraires ou a des sacrifices, car c’est en contrebas de ce secteur que Hiram Bingham mit au jour de nombreuses tombes.
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Le monument principal est la pierre du Condor, autel plat sculpté dans la roche, sur lequel on reconnaît parfaitement le bec et la collerette du condor.

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Le pourtour de cette collerette dessinant un petit canal creusé dans la pierre, on suppose que des sacrifices y étaient pratiqués et que le petit canal percé à hauteur de la tête du condor permettait l’écoulement du sang des victimes. Les pierres de part et d’autre représentent les ailes déployes du condor, le plus grand oiseau des Andes, oiseau sacré des incas au même titre que le puma et le serpent. Il s’agissait d’un lieu sacré pouvant avoir été dédié au culte de l’Apu Kuntur, le dieu Condor.


C’est étonnant, mais on trouve encore des morceaux de poterie au Machu Picchu…
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étonnant aussi, ces drôles de bêtes qui font la sieste entre deux rochers…
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s’agirait-il des cousins andins de nos lapins de garenne ?   Le temps se couvre à nouveau, les touristes sont maintenant là en masse… il est enfin temps de partir, après avoir passé la journée sur le site… encore quelques panoramas…
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et nous repartons de ce sanctuaire… Laure a le sourire jusqu’aux oreilles…
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Eric tire son chapeau (quel cadeau de 30 ans !!)…
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tandis que sa maman n’en revient toujours pas… alors, Christiane, bluffée ?

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Par ED - Publié dans : Pérou
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