Dimanche 7 novembre 2010 7 07 /11 /Nov /2010 15:10
Une source utilisée pour les bains de l’Inca, des forteresses militaires servant parfois de lieu d’incantations, un temple d’une architecture unique, une église jésuite appelée la « Chapelle Sixtine des Amériques », la traversé de l’Altiplano et ses sommets enneigés à plus de 4000 mètres d’altitude… voilà le programme de deux journées passées entre Cusco et le lac Titicaca.

  

Le Machu Picchu, nous en sommes repartis en bus puis en train, d’un genre un peu spécial : voyage en 1ère classe avec le personnel de ligne parcourant les couloirs en musique lors d’un défile de mode improvisé, spectacle populaire en costume 
undefined
et en fonds de décor : les sommets enneigés.
undefined
Quelques heures plus tard, nous voilà à Cusco, la capitale de l’empire inca. Un bus local nous dépose 30 minutes plus loin à l’entrée de Tambomachay : les bains préférés de l’Inca.
 
Anciennement protégés par des enceintes fortifiées,
undefined
des aqueducs amènent encore aujourd’hui l’eau provenant des sources de la montagne voisine.Le bruit de l’eau, la tranquilité du lieu et sa situation en retrait confèrent à Tambomachay une atmosphère particulière.
undefined
A quelques centaines de mètres de là, en bord de route, nous nous retrouvons dans l’enceinte de Puca Pucara, dont le nom signifie « forteresse rouge » en raison de la couleur de la roche à la lumière du soleil couchant. L’Inca y faisait une halte sur le chemin aux bains.
undefined
Puca Pucara est une construction militaire au sommet d’une colline située sur l’une des routes d’accès à la capitale inca. Des murs imposants protégeaient la forteresse et dominaient les terres environnantes.
undefined
Rien à voir pourtant avec la forteresse de Sacsayhuaman.
undefined
En 1533, le chroniqueur espagnol De la Hoz écrivait à son sujet : « Dans tout le pays, vous ne trouverez pas de murailles aussi magnifiques. Elles sont composées de pierres si grandes, que personne ne peut croire qu’elles y aient été amenées par des êtres humains… Ni l’aqueduc de Ségovie, ni aucune autre construction réalisée par Hercule ou par les Romains ne peut être comparée à celle-ci… »
undefined
C’est édifiant : on estime que plus de 20 000 hommes travaillèrent pendant 50 ans à sa construction.
undefined
Les enceintes, en trois épaisseurs et longues chacune de 600 mètres,
undefined
sont reliées par des escaliers et des portes conservés dans un état exceptionnel. undefined  
Les blocs monolithiques, parfaitement encastrés les uns dans les autres,
undefined
sont de taille monumentale : le plus gros mesure 9 m de haut pour un poids de 350 tonnes !
Chaque bloc tombé à terre nous sert de siège : le site est si grand que nous sommes épuisés à marcher sur tant de kilomètres !
undefined  
Et dire que les incas ne connaissaient pas la roue ! Comment ont-ils construit Sacsayhuaman ? La technique utilisée pour transporter et assembler de telles masses reste encore un mystère…
undefined
Construite à l’origine dans un but défensif à l’initiative de l’Inca Pachacutec, la forteresse aurait la forme d’un puma, animal sacré dans la cosmologie inca. Le site est fameux pour deux évènements :
 
  1. -         Il fut le théâtre de l’un des derniers épisodes de la conquête du Pérou : en 1536, lors du soulèvement de Manco Inca, les Espagnols qui tenaient le centre de Cusco furent assaillis par des milliers de soldats incas. Selon Pedro Pizarro, cousin des frères Pizarro, témoin oculaire et rapporteur de la bataille, les Espagnols réussirent de justesse leur contre-attaque et assiégèrent Sacsayhuaman. C’est là que le capitaine inca Cahuide passa à la postérité : alors que les Espagnols assaillaient la tour où il s’était retranché avec plusieurs guerriers, il préféra sauter dans le vide et alla s’écraser au pied de celle-ci plutôt que de se rendre. Côté espagnol, c’est durant cette bataille que fut mortellement blessé Juan Pizarro, le plus jeune des quatre frères. undefined
  -         Avec le temps, le site s’est doté d’un caractère religieux : chaque année, les incas y célébraient l’Inti Raymi, jour du solstice d’hiver dans l’hémisphère sud. C’est le jour où le soleil est le plus éloigné de la terre. Adorateurs du soleil, les incas effectuaient pendant cette fête des incantations pour qu’il revienne.
 
A l’image du Christ Rédempteur de Rio de Janeiro, Cusco a son Christ, comme de nombreuses autres villes du Pérou. La statue domine la ville depuis Sacsayhuaman, et sur les collines d’en face, on peut lire l’inscription : « Viva el Peru Glorioso ».
undefined
Plus loin de Cusco, à 35 kilomètres au sud-est de la cité : Andahuaylillas. Le village est connu pour son église fondée par les Jésuites en 1580 et surnommée « la Chapelle Sixtine des Amériques ». L’église San Pedro est d’architecture classique et sobre,
undefined mais à y regarder de plus près, on voit sur sa façade extérieure de nombreuses fresques,
undefined
dont l’une d’entre elles attire l’attention : on peut voir sous la peinture finale un deuxième personnage peint. Il y aurait donc eu plusieurs versions de dessinées…
undefined
Le plus impressionnant se trouve à l’intérieur : peintures murales, 
undefined
autels et retables baroques en bois sculpté. Le plafond, peint de formes géométriques, est doré à l’or fin.
undefined
Les trésors de l’église San Pedro sont aussi les vêtements des prêtres ainsi que les objets et bijoux en or et argent, gardés dans la sacrystie mais hélas volés en 1992. Depuis, les habitants d’Andahuaylillas gardent l’église jour et nuit et limitent la visite à quelques minutes seulement… et c’est bien dommage car il y a tant à voir et à comprendre…
Nous reprenons le bus sur l’immense Plaza de Armas. Plantée de grands arbres, les « pisonay »,
undefined
elle est considérée comme l’une des plus belles de la région. 
Nous roulons de jour sur plusieurs centaines de kilomètres. La traversée de l’Altiplano nous offre des paysages à couper le souffle. Bien que le sol soit pauvre et la végétation aride, les plaines d’herbes jaunies par le soleil contrastent avec le gris des montagnes et le bleu du ciel. Le tout compose une palette de couleurs vives et douces à la fois : une vraie merveille.
undefined
C’est à La Raya que le car s’arrête : nous sommes à 4335 mètres d’altitude. On aperçoit en arrière-plan les sommets andins enneigés.
undefined
En pleine journée le temps est clément, et pourtant il gèle ici fréquemment la nuit. Dans cette région, la culture est difficile et régulièrement mise à mal par les températures extrêmes. L’Altiplano est l’une des plus belles régions préservées du Pérou… l’une des plus pauvres aussi.
Par ED - Publié dans : Pérou
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Remonter

     "Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine

 

L'intégralité du texte, des images, vignettes et icônes présents sur ce site sont soumis aux droits d'auteur © Eric DUTU. La qualité des photographies est réduite pour un affichage web optimal. Clichés originaux en Haute Définition disponibles à la vente, signés et numérotés. www.visagesdumonde.net est un carnet de voyage. Ces Visages du Monde sont des visages d'hommes, de femmes et d'enfants, de rencontres aux quatre coins du monde, de sites naturels et culturels classés au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, d'univers urbains et sauvages, de conditions de voyage et de vie durant un Tour du Monde. L'ensemble du site www.visagesdumonde.net est en accès libre et sans publicité. Réalisation technique et graphique : Eric Dutu. Copyright © Eric Dutu 2012 | Tous droits réservés

http://ddata.over-blog.com/0/56/54/53/bas-de-page-VDM.jpg

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés