Lundi 8 novembre 2010
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Nous arrivons en fin de journée à Puno, après une longue journée de bus ponctuée de visites. C’est avec Copacabana en Bolivie, la
principale ville bordant le lac Titicaca.
Notre programme d’un mois au Pérou étant très chargé, nous n’aurons pas le temps d’aller en Bolivie. Une autre fois, c’est sûr !
Pour l’heure, la nuit tombe et nous devons trouver un hôtel... sans difficultés, nous logeons à quelques blocs de la Plaza de Armas. L’occasion, après le repas, d’aller jeter un coup d’œil à la
cathédrale de Puno avant d’aller nous coucher.
Fatigués par une journée intense, nous allons dormir. Demain, nous partons à 7 heures pour 2 jours visiter quelques-unes des îles du
lac.
Pourquoi le Titicaca ?
Il s’agit du lac navigable le plus haut du monde, mais ce n’est pas ce qui nous importe le plus. C’est d’ailleurs un inconvénient
puisque les journées promettent d’être fraîches, et les nuits gelées ! Un rapport avec les incas ? Oui ! Le lac était sacré pour ce peuple. Selon la légende, le premier Inca, Manco
Capac, serait sorti des eaux du Titicaca sur les ordres du Dieu-Soleil pour fonder l’Empire Inca. A Cusco nous étions dans le « nombril du monde » ; ici nous sommes dans le berceau
de la civilisation inca.
Et puis, une autre raison nous amène au lac : son archipel.
Composé d’une quarantaine d’îles dont quelques-unes sont habitées, le
lac est peuplé par des populations maintenant les coutumes et traditions le plus loin possible de toute civilisation.
Les touristes sont les bienvenus. Il est d’ailleurs interdit de visiter l’archipel sans passer par une agence. Si les inconvénients
sont nombreux pour nous, cela permet néanmoins d’organiser le flux de visiteurs et de contrôler les séjours sur les îles.
Car nous ne sommes pas les seuls ici… le Titicaca attire de nombreux touristes du monde entier : dans notre groupe :
suisses, brésiliens, canadiens, australiens, américains, portugais… c’est dire la popularité du lac et de ses îles !
Une fois installés à bord, nous sommes rapidement asphyxiés par les fumées du moteur qui rentrent à l’intérieur. Nous quittons le
port, et après cette première photo,
nous montons sur le toit respirer l’air des montagnes… c’est un nouveau défi : il faut là supporter un vent glacial que les
pulls et manteaux nous permettent tout juste d’endurer. De là-haut, une vue imprenable sur le lac et les tortora, une sorte de jonc. Ils sont régulièrement mis en feu pour mieux contrôler la
végétation, et nous ne tardons d’ailleurs pas à apercevoir un nuage noir de fumée.
Surprenant : ici les arcs-en-ciel forment un cercle parfait au-dessus de nos têtes. Et il ne pleut même pas !
Un peu plus tard, nous atteignons la première île.
Nous sommes dans l’archipel des Uros. Ces îles artificielles, construites de tortora,
tirent leur nom du peuple qui les habitait autrefois, du XIIIème siècle jusqu’en…1950. Ils ont maintenant abandonné leurs terres aux
Indiens aymaras de Puno,
qui maintiennent les traditions, à des fins touristiques (hélas).
Pourquoi choisir d’habiter sur des îles artificielles ? Les Uros avaient choisi cet endroit du lac où le roseau est abondant
afin de ne pas manquer de matériau. Il s’agissait à l’époque d’échapper aux incas, tribu rivale. Nous ne sommes qu’à 8 kilomètres de Puno, que l’on aperçoit depuis l’île où nous
débarquons.
Tout est construit en tortora. Les îles, les maisons et les embarcations. Un indien nous le confirme en nous montrant la maquette de
son île.
Sous la couche de roseaux verts, une épaisse couche de roseaux marron : ils sont en décomposition. Il faut refaire le sol
régulièrement en déposant de nouvelles couches d’herbes. Au large, deux barques transportent de quoi rénover l’île voisine :
Nous
l’avons souligné, les embarcations aussi sont construites avec ces fibres,
et ce qu’il faut remarquer, c’est l’avant des bateaux qui représente le puma, animal sacré.
Pendant que le guide explique à notre groupe le mode de vie des Uros (aujourd’hui remplacés par les aymaras), un enfant est attiré au
dehors de sa maison par le bruit. Pas facile pour lui de marcher dans ces grandes tiges de paille, il trébuche à chaque pas.
Pour cette petite fille aussi c’est difficile, la paille lui arrive aux genoux !
Les explications du guide continuent : il nous montre les poissons du lac
pêchés à l’aide des cormorans qui se reposent à l’arrière des maisons. Pour ne pas qu’ils ne s’échappent, ils sont attachés à
un poteau planté dans la paille.
Pendant que les femmes négocient la vente de magnifiques tissus
typiques de la région du Titicaca,
les enfants jouent dans une barque en bois
et la grand-mère fait cuire les pommes de terre.
Il est temps de quitter les Uros : nous partons sous les chants des villageois en direction d’Amantani où nous passerons la nuit chez l’habitant.
Une autre aventure... à suivre…
Ces couleurs de vêtements sont absolument magnifiques.
C'est très égayant.
Après le Machu Piccu, le Titicaca : jusqu'où irez-vous?
Ah, le programme du Pérou est loin d'être achevé ! Canyon de Colca, survol en avion des lignes de Nazca, buggy dans le désert de Paracas... "there's much more to come" !
ED