Nous quittons Arequipa par le bus, direction Cabanaconde, au sommet du canyon. Il fait si chaud que cette famille s’est abritée à
l’ombre d’un mur en attendant le départ du car.
Un peu plus loin, c’est une passagère qui descend acheter une glace à un marchand ambulant… On cuit derrière la vitre du bus, et au Pérou comme ailleurs, la climatisation n’est pas toujours
incluse dans les prix !
Quatre heures de route difficiles : la dernière moitié du chemin est chaotique et nous la faisons de nuit. La route n’est pas pavée et les pierres menacent de crever les pneus tandis que
les voitures soulèvent la poussière du chemin qui s’engouffre dans le car. A plus de 4000 mètres, il fait froid maintenant et nous devons rester vigilants en raison des nombreux vols qui
ont lieu dans les bus du pays. C’est dire : même les locaux nous recommandent de garder l’œil ouvert et de surveiller nos voisins !
Quatre heures de route… ou plutôt 6 en raison de la mauvaise visibilité et des nombreux arrêts du car. Il n’y a qu’une centaine de kilomètres à parcourir, mais ici comme dans tout le Pérou c’est
en heures de route qu’il faut compter… pas facile d’accès, le canyon !
Nous arrivons en soirée à Cabanaconde, en haut du canyon. Nous trouvons une chambre-dortoir dans un hôtel rustique du village. Les murs sont faits de parpaings de boue séchée aux joints mal finis
et l’air glacé de la nuit rentre inéluctablement dans la chambre dont la température n’excède pas 12°C. Il fait froid, nous sommes épuisés, mais avoir un lit pour dormir : quel bonheur !
Le lendemain matin, comme pour se réchauffer, sur une musique jouée par la radio du restaurant, Eric s’essaye à la danse avec sa maman.
Pas facile, les articulations sont encore paralysées de froid !
Un chocolat chaud, les gourdes remplies et nous quittons le village en direction du canyon. Nous croisons les bergers de Cabanaconde…
Rapidement, la chaleur monte et nous quittons les pulls. Descente du canyon en petites foulées…
Le paysage est aride, et hormis quelques fleurs en début de chemin,
nous ne croisons pas d’autres plantes que des cactus.
Vient une intersection où nous hésitons un instant sur le chemin à prendre.
L’occasion de faire une pause…
et comme par miracle, on entend derrière nous un groupe de mules dévaler les pentes du canyon.
Nous ne perdons pas le nord et négocions un prix de gros pour 3 mules au retour du canyon…. Nous pourrons ainsi rester plus longtemps dans l’oasis de la vallée !
Il faut dire qu’à ce moment-là, le canyon est encore loin et les pauses sont toujours un peu plus longues. Souffler, boire, souffler… pas facile de tenir l’effort avec la poussière et la
chaleur.
Heureusement, on commence par apercevoir notre objectif :
Une heure plus tard et le lodge est indiqué : il paraît que le paradis, c’est tout droit !
Le chemin descend de plus en plus raide vers l’oasis et nous mouillons la chemise. Il fait chaud, très chaud !
L’oasis se rapproche…
Le chemin serpente et s’écarte sur la droite pour enfin nous offrir une vue époustouflante sur le bas du canyon.
Et comme en plein désert, au milieu de rien, les panneaux poussent soudain comme des champignons : la vie réapparaît. Oasis, paradis, pisco sour… à gauche, toute !
Un abri en ruine marque l’entrée dans l’oasis… De là nous apercevons une série de piscine où vient se jeter l’eau chaude des sources de la vallée…
En une fraction de secondes, le maillot de bain est mis et nous nous jetons à l’eau. En bas de Colca, il fait doux, l’air est tiède, l’eau est chaude comme celle d’un bain… il y a même une petite
cascade et un ballon pour jouer au volley !
Et comme prévu notre petit bonhomme nous attendait avec ses mules. Christiane part en tête…
L’ascension se fait en 1h30 contre près de 3h à pied… ça secoue, les bêtes marchent en bord de ravin et la pente est vertigineuse, on s’accroche comme on peut… mais quel confort tout de même, de
pouvoir s’offrir ce transport !
Le temps gagné nous permet de faire un tour en ville. Comme à Arequipa, l’église de la Plaza de Armas est construite en pierres blanches :
Le centre de la place est occupé par une fontaine dédiée au condor, un oiseau qui dépasse les 3 mètres d’envergure et pèse plus de 10 kgs… l’un des très rares rapaces à vivre à une telle
altitude…
En partant chercher un sandwich pour le trajet retour en bus, nous remontons le village. Là-haut, on ne rencontre que moutons et bergers…
Le gérant nous montre fièrement l’escalier qui monte à la terrasse, d’où nous jouissons d’une belle vue panoramique sur Cabanaconde :
Puis vient le départ : nous avons les sacs sur le dos mais le car vient de partir. Eric lâche tout et pique un sprint à travers la ville pour rattraper le bus. Par chance il y arrive et nous
montons tous en direction de Cruz del Condor.
Sur le chemin, des centaines d’hectares de terrasses dessinées par les indiens Colluhuas, une civilisation de 1000 ans plus ancienne que les incas.
Un peu plus loin, nous apercevons le rio Colca.
Une bergère attend en bord de route ses moutons restés de l’autre côté de la voie :
nous nous arrêtons pour déposer un couple de vendeuses, les sacs remplis de marchandise.
Nous y sommes : Cruz del Condor, un mirador naturel d’où l’on peut voir voler les condors. Bien qu’il soit trop tard en journée pour voir voler ces oiseaux matinaux, les femmes continuent
d’attendre d’éventuels touristes tout en tricotant.
Les paysages sont exceptionnels et un peu plus loin nous longeons ce ravissant petit lac de montagne, encore dénué de toute trace de développement :
La tête remplie d’images, nous pouvons enfin rabaisser les sièges du bus et dormir quelques heures, le temps d’arriver à bon port… Prochaine étape, les momies de Chauchillas et le survol des
lignes de Nazca, une nouvelle aventure à couper le souffle…
"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine
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Comme souvent, les conditions de transport sont tout aussi rudes que la destination est belle !
ED
Si, si, l'Equateur est pour bientôt... dans quelques semaines, y compris les Galapagos !
Merci de nous suivre, un peu de patience encore et nous y serons !
ED
Bravo, toujours le même plaisir à lire tes articles... et rien à ajouter, tout est dit !
Merci, on fait de notre mieux !
ED