Jeudi 15 novembre 2007

Tout le monde a déjà entendu parler des lignes de Nazca… et pourtant, personne n’en connaît la signification. Découvertes en 1926 dans la pampa au large du village, les lignes de Nazca sont de grandes figures tracées sur le sol par la civilisation du même nom, qui habitait la région pendant près de 1000 ans dès le deuxième siècle avant JC.

 
Nous arrivons à l’aérodrome en début d’après-midi, après un tour rapide de ville et une bonne glace pour se désaltérer.
 
Par chance, les conditions restent bonnes et le vol est maintenu. Une fois les présentations faites,
 
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nous embarquons dans un petit Cessna de 4 places réservé le matin même. C’est la chance de voyager à trois : nous aurons l’avion pour nous.
 
Afin de profiter au plus du vol et des options qui nous sont proposées, nous choisissons de faire le survol des lignes de Nazca et de Palpa, situées plus loin dans le désert. Nous verrons cependant les principales représentations en raison de l’étendue des deux sites : au total, ce sont plusieurs centaines de kilomètres² inscrits au Patrimoine de l’Humanité depuis… 1994.
 
Le travail de Maria Reiche a donc fini par payer : cette mathématicienne allemande a consacré la majeure partie de sa vie à l'étude archéologique et à la préservation des lignes. Un musée lui est d’ailleurs consacré, installé dans la maison où elle vécut durant ses travaux.
 
Parmi les figures, nombreuses sont celles qui représentent des animaux. Le premier dessin repéré est celui d’une baleine :

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De plus haut, long de plusieurs centaines de mètres, nous apercevons ce personnage qui semble nous faire un signe de la main :


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Quel était la signification de ces dessins tracés dans la Pampa ? Plusieurs théories existent. Maria Reiche pensait à un calendrier astronomique complexe construit par les Nazcas, chaque motif étant orienté dans le sens d’une constellation qui leur était importante. D’autres ont pensé à un site rituel, tandis que certains n’ont pas hésité à considérer les géoglyphes comme étant des signaux et des pistes d’atterrissage destinées aux pilotes de vaisseaux extraterrestres. Et pourquoi n’auraient-elles pas pu être construites afin d’être vues par les dieux des Nazcas, vivant dans les cieux ?
 
Certains motifs sont si grands qu’il faut beaucoup de hauteur pour les apercevoir en entier. C’est le cas de ce singe à la queue en spirale.

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C’est d’ailleurs un point commun avec l’œil de la baleine et de nombreuses autres figures, la spirale étant souvent utilisée.
 
Si les lignes existent encore aujourd’hui, c’est grâce à plusieurs facteurs : tout d’abord, le microclimat de la Pampa : le plateau étant l'une des régions les plus sèches du monde (trente millimètres de pluie par an), il favorise la conservation ; le sol sans végétation réchauffe fortement l'air, ce qui crée un coussin d'air qui à son tour, protègerait les géoglyphes du vent ; enfin, le gypse contenu dans le sol « colle » le sable et la poussière.
 
L’une des figures les mieux conservées est celle du colibri. Elle surplombe un canyon en demi-cercle :


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Une autre très belle représentation est celle de l’araignée :


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Ce qui frappe sur ce cliché, c’est aussi les autres sillons dans le sable. Cela inclue d’autres figures, mais aussi l’empreinte des roues de 4x4 et de quads qui il y a encore quelques années traversaient ce désert en empiétant sur les dessins.
 
L’avion longe les figures par la droite puis par la gauche, et nous n’arrêtons pas de faire des cercles dans le ciel, dans une chaleur étouffante. Le vent souffle et nous sommes chahutés, quand l’avion ne vire pas soudainement de bord pour revenir en arrière :


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Le plus long dessin que nous apercevions est celui du flamant-rose :


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Nous survolons un mirador construit en bord de route afin d’observer de plus près « les mains » :


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Pour procéder, les Nazcas avaient sûrement recours à des maquettes : ils réalisaient ensuite les ouvrages à grande échelle en plantant des piquets et en tendant des cordes. Ils leur suffisait ensuite de retirer les pierres situées le long des fils, naturellement recouvertes d’oxyde de fer gris, afin de faire apparaître le sol gypseux plus clair. Imprimés sur la surface de la Pampa, les dessins franchissent les ravins et escaladent les collines sans que leur forme ni la rectitude apparente des lignes ne soient affectées.
 
A présent, nous nous dirigeons vers Palpa, au-delà de cette oasis alimentée par des eaux souterraines :


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Sur cette photo, on voit bien la délimitation entre l’oasis et le désert, marquée par la route.


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La prochaine figure est géométrique, et de ce fait bien différente des précédentes :


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Nous reprenons de l’altitude, de sorte que nous sommes bien au-dessus de cet autre petit coucou :


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Les personnages à venir sont plutôt sympathiques et font sourire : celui-ci ressemble à un petit mexicain debout sur une corde à sauter :


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ces deux-là ont été surnommés « les astronautes »…
 

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On a déjà dénombré plus de 300 dessins distincts. C’est un beau spectacle que de voir ces figures tracées au sol, uniquement observables depuis les airs et pourtant jamais vues par leurs architectes…


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Nous terminons par un clin d’œil à ces chefs d’œuvre d’un autre temps, avec un dessin contemporain représentant une orange…


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Une heure de vol, de belles images plein la tête, une chaleur étouffante et le mal de cœur dû aux secousses de l’avion : il est temps de rentrer à Nazca, que nous survolons une dernière fois…


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Par Eric & Laure - Publié dans : Pérou
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