Les Ballestas sont un archipel d’îles situées au large de Pisco, à 300 kilomètres au sud de Lima. En remontant
encore un peu plus vers la capitale péruvienne pour boucler notre tour du pays, nous décidons de faire escale dans cette Réserve Naturelle qui a longtemps fait la richesse de ses habitants… grâce
au guano extrait des îles.
Le seul moyen de visiter cet archipel est de partager un bateau avec un groupe et un guide… Rendez-vous au
port…
De là nous enfilons les gilets de sauvetage (pour des raisons de sécurité mais surtout pour se tenir chaud, le vent est glacial !)
et embarquons sur un hors-bord rempli comme une boîte à sardines. Les bateaux du port attirent de nombreux oiseaux :
Au-dessus de nos têtes, un groupe de pélicans vole en direction d’une barque
pour tenter de glaner quelques morceaux de poissons jetés à l’eau. Sur notre route qui longe le désert de Paracas, cette étonnante pointe :
malgré sons aspect inhospitalier, elle attire les oiseaux par centaines. On en déduit que les eaux des Ballestas sont très poissonneuses. Cette zone est en effet l’une des plus peuplées en
poisson du monde. Pourquoi ? En raison du courant de Humboldt, qui apporte des fonds marins de grandes quantités de phytoplancton, qui lui-même garantit une importante réserve de nourriture
primaire pour les poissons. Ce courant attire de la sorte de nombreuses espèces migratoires.
Plus nous avançons et plus les oiseaux se font nombreux au-dessus de nous. Certains dessinent des cercles dans le
ciel…
les autres volent en ligne droite…
Et puis soudain ils se jettent tous à l’eau, ayant repéré un énorme banc de poissons :
Pas toujours facile de prendre des photos… pas toujours évident d’être dans un groupe !
Encore 30 minutes de navigation et nous atteignons les îles Ballestas :
On remarque deux choses : le blanc des rochers et les constructions sur le flanc ouest. Et oui, avant de devenir une réserve ornithologique, cet archipel a été durant tout le XIX ème siècle
un site d’extraction de guano. Connu pour être le meilleur engrais naturel au monde, le guano s’exportait très bien en Europe et en Amérique du Nord. L’exploitation intensive a laissé des traces,
l’extraction se faisant parfois sur plusieurs mètres de profondeur. Aujourd’hui, les îles ont gardé toutes les infrastructures,
et pour cause : l’activité, bien que réduite et contrainte par le gouvernement péruvien, n’est pas définitivement arrêtée.
Périodiquement, des hommes sont autorisés à venir aux Ballestas exploiter le guano, pour quelques semaines seulement.
Mais est-il besoin de rajouter des trous aux trous ?
Les Ballestas restent aujourd’hui un sanctuaire de vie animale, où l’on peut sur un même rocher apercevoir des milliers d’oiseaux nichés :
Pour combien de temps encore ces paysages uniques de roche blanchie par la forte concentration en guano, et cette vie foisonnante qui se repose entre deux repas pris dans l’une des plus riches
eaux du monde ?
Sous les vastes colonies d’oiseaux,
de nombreux clans de lions de mer allongés au soleil…
On dénombre aux Ballestas environ 60 espèces d’oiseaux, dont le cormoran bougainville,
les manchots d’Humboldt (en danger d’extinction),
les pélicans thage, les sternes inca …
Les otaries sont à peu près 4000, et qui voudrait venir troubler cette douce sieste ?
et ce bain de soleil ?
ce moment de tendresse entre une mère et son petit ?
Le tourisme peut parfois déranger les animaux. Pour preuve, ces manchots qui grimpent précipitamment sur le rocher en jetant un coup d’œil derrière eux, alors que le groupe vient troubler leur
intimité en parlant bruyamment :
Un peu plus loin, c’est un jeune solitaire qui est troublé dans son sommeil et qui semble se demander pourquoi on vient le déranger :
Il est bien temps de partir, et si nous condamnons les touristes irresponsables qui semblent oublier qu’ils rentrent ici dans un territoire qui n’est pas le leur et ne savent pas se faire
discrets, nous sommes aussi préoccupés par l’activité d’extraction de guano qui vient périodiquement déranger le calme et l’équilibre de cette belle réserve ornithologique.
Dernière image avant le retour au port, celle du fameux chandelier de Paracas, un géoglyphe gravé à flanc de désert dont on ignore l’origine. Puisqu’aucun reste organique n’a été retrouvé à
proximité, on ne peut pas dater l’ancienneté de ce dessin long de 180 mètres et large de 70 mètres. Bien que certains l’attribuent à la civilisation Nazca, l’hypothèse mise en avant par notre
guide est qu’il s’agirait d’un point de repère creusé à l’époque des pirates, utilisé pour la navigation maritime.
Toujours est-il que depuis le bateau, le panorama est de toute beauté.
C’est ce paysage qui nous donnera l’envie de préparer une dernière surprise pour la visite de Christiane au Pérou : du buggy dans les dunes du désert de Paracas. Accrochez vos
ceintures, frissons garantis !