Lundi 3 décembre 2007
Deuxième jour de croisière : après un bain de soleil sur le pont du bateau, on enfile le t-shirt et on se prépare pour un débarquement sur l’île de Sombrero Chino.


Une île… ou plutôt un îlot, au large duquel l’Angelito a jeté l’ancre.


 

Comme à l’accoutumée, nous quittons le bateau pour un canot à moteur. Ce matin, c’est un « wet landing », comme on les surnomme aux Galápagos. Derrière nous, le temps s’est brusquement levé et la terre d’apparence si stérile et pourtant si riche se détache sur fond de ciel bleu.



Une fois de plus, les lions de mer (les rois de la plage !) sont sur le sable. Ils se prélassent au soleil qui leur offre ses premiers rayons :


 


Mais il faut rester vigilants : les mâles ne sont jamais très loin de leur harem



et peuvent se montrer agressifs !



On emprunte le sentier de randonnée qui file vers la droite (ouf !). Début de la marche : suivez le guide !




Ou plutôt, non. La recette pour profiter pleinement des îles ? Plongez-vous dans les livres, posez vos questions au guide, et une fois au sol… laissez filer le groupe et restez seuls. Tant pis pour les explications, vous les avez déjà eues.

Seul en queue du peloton - le groupe s’en est allé jusqu’à disparaître de votre champ de vision - vous êtes immergé dans un océan de nouveautés et de découverte. Ce rapprochement avec la nature vous conduit tout droit à l’émerveillement et à la plénitude… A ce moment-là, vous êtes le plus chanceux du monde : vous êtes comme isolé au milieu de nulle part, l’appareil photo en bandoulière,


 

le regard posé sur le moindre caillou





ou la plus petite plante…



ces couleurs, ces structures ont un intérêt graphique indéniable, vous ne trouvez pas ?




Cette île présente une caractéristique intéressante : la formation de tubes de lave formés par les gaz contenus dans le magma en éruption.



Ces tubes ont longtemps attiré les volcanologues. Il faut dire qu’ils font parfois plusieurs dizaines de mètres.



Le tube ci-dessous s’est cassé et a pu être utilisé par les lions de mer comme refuge :


 



En regardant bien, on peut voir la silhouette endormie d’une femelle…



Ils sont partout, nous direz-vous… et bien oui, souvent, mais en petites colonies. Ils semblent s’être partagé l’archipel en bonne intelligence, et si El Nino frappe régulièrement les côtes équatoriennes, ces îles ne sont pas épargnées. Bien que de nombreuses espèces soient touchées par ce phénomène climatique, le cyclone présente selon les rangers l’avantage de renouveler les populations de lions de mer, et ainsi de ne pas confronter l’espèce à une surpopulation, l’espace de plage au sol n’étant pas si grand aux Galápagos.


En effet, ces animaux, qui passent la nuit à pêcher au large de l’océan, recherchent en journée un coin de sable chaud et doux où reprendre des forces. Il est globalement rare de les voir sur la lave râpeuse et coupante, même si ces images pourraient vous convaincre du contraire !






On n’est pas mieux là ?!



La lave est davantage le territoire des crabes rouges,



(attention à ne pas boire la tasse…)



(ah, c’est pas faute d’avoir prévenu !)



des iguanes de mer,



et parfois des deux ! Bel exemple de cohabitation, n’est-ce pas !



Vous avez repéré le crabe rouge qui grimpe sur l’iguane de gauche ? Si elle tentait le camouflage, là c’est cuit !


Autre rencontre, celle d’un héron de lave. Sa technique : se cacher sous un rocher, immobile…



le regard fixe…



puis sortir dès qu’un crabe s’approche, prêt à bondir !




Raté ce coup-ci…

 

Là où nous sommes, le paysage a totalement changé. En quelques centaines de mètres, nous sommes passés d’une plage de rochers saupoudrée de sable blanc et clairsemée de plantes rampantes,




à une plaine de lave noire inondée çà et là de flaques d’eau chaude.




C’est une fois de plus surprenant de voir avec quelle facilité l’environnement et donc l’écosystème change. Sur cette photo du volcan (le fameux chapeau chinois), le sol n’est que roches et minéraux.



Et dix mètres plus loin, les plantes prospèrent à perte de vue…



C’est beau, c’est unique, c’est extraordinaire, c’est émouvant… devant un tel paysage, les larmes vous montent aux yeux…



Quelle beauté !



De retour sur la plage, nous continuons à bombarder de photos...



une mouette rieuse…



… un pélican brun…



... une frégate...




... et le groupe !



DANKE, miss Barbara !

Il faudra un bon déjeuner complet pour oublier les incivilités de cette femme, de qui nous avons, par courtoisie tout de même, caché le visage ! Les groupes, c’est pas toujours évident. Dans le chacun pour soi personne ne sort gagnant ! !


Avec de la soupe, du poulet, des légumes, des fruits, de la glace et un bon café, nous pouvons repartir vers un nouveau monument : Bartolome.




Cette île comporte de nombreux cônes volcaniques et un pic posé sur l’eau comme un menhir : le Pinnacle Rock.

Pour ne pas abîmer la végétation au sol, une passerelle en bois a été construite.




Il serait dommage de fouler ce sol qui semble jamais n’avoir été piétiné...




Face à la baie de Sullivan, on peut voir les variations de ton de la lave, tantôt orange, tantôt rouge, tantôt noire...




tantôt en poudre, tantôt en rochers, tantôt en épaisses couches fissurées...




De plus près, on peut apercevoir sur ce bloc de lave les différences de couleur et de texture dues à la combinaison d’une composition et d’une température de fusion uniques :




Continuons notre chemin... la passerelle continue et s’élève vers le sommet de l’île.




Bartolome est aussi belle vue d’en bas...




que d’en haut...




Et comme d’habitude, si cet environnement semble austère... il ne faut pas attendre longtemps pour y voir un signe de vie !




Vous voyez cette dune et ces arbres au centre de l'image ? Allons-y !

Une vraie dune, comme en plein désert. Une vraie mangrove, comme dans le pacifique…




et une grande plage




d’où nous observons de nombreuses tortues marines, des perles de sable laissées par les crabes sur le sable roux,




et un magnifique pélican qui surfe sur les vagues en même temps qu’il joue avec des algues dans son bec. Quel spectacle !




Nous aussi on va se mettre à l’eau, d’accord Laure ?




Allez, une dernière photo de ce cratère sous-marin,




une autre de la baie…




on retrouve notre équipement de snorkelling sur la plage et on s’équipe, prêts pour aller nager avec les pingouins !




Ils sont l’une des espèces les plus rares de l’archipel. Seule une quinzaine d’individus peuple Bartholome, et si les eaux fraîches leur convient, ils ne nidifient que là où les tubes de lave se sont cassés pour offrir un renfoncement où se protéger.

Les voilà dans leur milieu naturel…




Regardez bien cette photo : nulle part ailleurs vous ne verrez sur un même cliché une dune de sable, un cactus, de la roche volcanique, des tubes de lave et des pingouins !

On oublie vite les eaux fraîches et le reste du groupe qui est resté sur la plage (!). Nous sommes en dehors de tout ce que nous connaissons, du temps et de l’espace, dans un autre monde, riche et préservé. La journée s’achève sur ces images pleines de douceur et de tranquilité…



 

la nuit tombe et il faut rentrer… c’est bientôt l’heure du dîner !



Par Eric & Laure - Publié dans : Galápagos
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