Programme de la matinée : débarquement sur l’unique plage de l’île Genovesa,
dans la baie de Darwin.
Cette baie n’est rien d’autre qu’un cratère immergé, « jeune » d’à peine un million d’années. C’est avec Darwin et Pinta l’une des îles les plus récentes, car les plus au nord de l’équateur. En effet, les Galápagos sont nées du soulèvement du sous-sol marin dans un mouvement allant du sud au nord.
C’est cette jeunesse (du point de vue géologique) qui, selon les scientifiques, fait que des espèces comme les tortues géantes et les iguanes terrestres, les serpents et les lézards (tous reptiles) ne soient pas encore apparu sur l’île. Et en effet, nous n’en verrons pas…
En revanche, comme nous nous y attendions, cette belle plage de sable blanc est lieu de repos des lions de mer.
Les adultes dorment tandis que les petits, curieux, restent en alerte, comme pour veiller sur leur mère.
Les mouettes à queue fourchue sont les premiers oiseaux que l’on observe sur l’île.
Les dizaines d’individus nichés sur ce rocher sont en perpétuel mouvement dans une atmosphère étonnement nerveuse. Chacun cherche à défendre son territoire…
On comprend pourquoi lorsque l’on aperçoit la silhouette fluette d’un oisillion à peine sorti de l’œuf, le duvet encore humide :
Ce couple, lui, semble plus serein…
tandis qu’au moment de quitter la plage pour l’intérieur de l’île, cette mouette retient notre attention :
Soudain, une ombre au bec bleu et aux pattes rouges nous passe devant :
C’est le premier oiseau du genre que nous rencontrons aux Galápagos. Il s’agit du fou à pattes rouges.
En cette saison, les mouettes ne sont pas les seules à couver les petits. Les fous semblent eux aussi très affairés. Ils vont et
viennent…
collectent des branches…
renforcent le nid…
couvent…
et surveillent le bon développement des œufs…
parfois dans un arbre…
parfois directement au sol…
Et oui, ils savent eux aussi que l’île est exempte de reptiles prédateurs !
Il y a encore peu de petits, mais celui que nous rencontrons au bord du chemin est amusant. Perché sur un petit rocher, il ne cesse de pointer du bec en avant comme pour s’approcher de nous et réclamer de la nourriture !
Notre plus belle surprise vient de cet oiseau-là :
c’est aussi un fou à pattes rouges, mais au plumage totalement blanc comme la neige, et non plus marron ! Même espèce, mais ces individus ne représentent qu’un fou à pattes rouges sur 20… Ils sont donc relativement rares, et d’ailleurs plus discrets…
Le sentier continue au milieu de la mangrove rouge et soudain apparaissent de petits lagons.
Rencontre avec un merle moqueur venu inspecter le fond d’une coquille…
Derrière lui, une jeune frégate se gratte le plumage du bout du bec pour retirer le duvet de naissance. Il faut dire qu’en plein soleil, il fait une chaleur torride…
Le chapeau sur la tête, il faut tout de même sortir de l’ombre pour recueillir nos images !
Et puis nous arrivons à cet étonnant mur de lave :
Dans ce gros bloc de roche, nous ne l’avions pas vu, mais ce héron nocturne semble bien nous avoir vu venir, l’air tantôt curieux…
…l’air tantôt méfiant…
à moins qu’il ne soit en train de se rendormir…
Nous ne tardons pas à surprendre cet autre héron qui prend son envol
pour aller rejoindre sa belle et lui faire la cour. Un moment précieux à observer…
Et pour finir cette première balade sur Genovesa, nous rejoignons le bord de mer où la mangrove rouge a laissé la place aux cactus
et aux arbustes aux branches dénudées. Curieuse impression d’une végétation dense mais sèche et qui semble avoir bien du mal à prospérer…
Toutes les plantes semblent mortes et recouvertes d’une mousse jaune caractéristique de cette partie de l’île :
Un tout autre décor, où nous retrouvons l’une des 4 espèces de pinson de Genovesa (remarquez la forme du bec adaptée au recueil du
nectar de la fleur du cactus)
En face de nous, à quelques mètres seulement, nous apercevons cette mouette qui s’apprête à faire déjeuner son petit.
Il est là, tourné vers sa mère et lui réclame à manger. Elle, revient de pêche et régurgite ce qu’elle a pêché pour lui…
Il ne faut pas plus d’une poignée de secondes à l’oiseau pour recracher ce calamar et le tendre à son petit, qui cherche par quel bout l’attraper…
Seuls face à cette scène de vie aussi banale qu’exceptionnelle, nous admirons ce que la nature nous offre de plus beau :
De l’autre côté, derrière nous, la pointe de la baie Darwin.
Le sujet reste tabou, mais nous apprenons que c’est ici, il y a quelques années, qu’un couple de plongeurs venus admirer les requins-marteaux a disparu sans jamais pouvoir être retrouvé…
Pas évident d’aller faire du snorkelling dans la baie dans la demi-heure qui suit !
Beaucoup de poissons, de raies, de tortues, de requins… mais de courant aussi, et pour cette raison nous restons groupés.
Les poissons, nous en voyons passer plusieurs bancs juste en-dessous de nous…
Des étoiles de mer, il y en a quelques-unes…
et du courant, il y en a beaucoup ! De surcroît, la mer étant fraîche… nous décidons de rentrer déjeuner avec le reste du groupe. En route, nous ferons cette triste découverte : des ficelles, bidons et sacs plastiques jetés à la mer par un équipage peu scrupuleux…
et l’on constate immédiatement les conséquences de cette pollution : des poissons ayant avalé du plastique se sont gonflés d’air et le ventre gonflé, ils flottent à la surface sans ne plus pouvoir redescendre se nourrir…
Nous recueillons ce poisson, mais nous le savons déjà condamné à mourir…
Après le déjeuner et une pause-café sur le pont du bateau, nous partons explorer le sud-est de la baie Darwin. Dans les falaises que nous longeons en canot, on aperçoit, niché dans un trou à 15 mètres de haut, un oiseau tropical.
Farouche, il est difficile à observer et préfère se faire discret car il se fait souvent attaquer en vol par les frégates, qui n’hésitent pas à lui arracher du bec sa longue queue blanche et sinueuse. Malgré la distance, ce phaéton nous entend et se retourne comme pour nous surveiller… on ne sait jamais !
C’est un « dry landing » qui nous attend…pas besoin de retirer les chaussures. Du haut des marches du prince Philippe, on jouit d’une vue imprenable sur la baie de Darwin.
Les frégates que l’on voit ne sont pas là par hasard, elles cherchent à prendre çà et là des bouts de poisson jetés à la mer par les pêcheurs. Ce grand oiseau pêche mal, ce qui en fait un opportuniste qui cherche à profiter du poisson déjà pêché…
Ces dizaines d’oiseaux sont ce que viennent observer les ornithologues du monde entier. Oui, plusieurs millions d’oiseaux nichent sur l’île de Genovesa, pourtant petite de 14 km²… Alors forcément, même en marchant sur le bord opposé du chemin, on n’est qu’à un mètre de ce nid de fous.
Il faut donc rester vigilant : ce jeune se fait sanctionner à coups de bec : il s’est aventuré trop loin du nid de pierres qui lui a été aménagé.
Cousin de la même famille, ce fou masqué se dégourdit les pattes en se tenant debout quelques secondes, mais il garde un œil sur les visiteurs qui pourraient être tentés de s’approcher un peu trop près de ses œufs…
Le téléobjectif permet de se rapprocher en toute discrétion, tout en étant couché au sol…
Ici, nous sommes au milieu d’une colonie et bien que chacun ait son territoire, les nids ne sont jamais loin les uns des autres. Curieusement, ils sont alignés dans le même axe !
Vue d’ensemble de l’île, qui semble s’étendre à perte de vue…
Images attendrissantes de ces oiseaux masqués et pourtant facilement reconnaissables :
Eric laisse filer le groupe qui part rejoindre le bateau et disparaît derrière les buissons…
Il faut savoir prendre le temps de l’observation…
parfois, tout est tranquille…
on a chaud et l’objectif est lourd, porté à bout de bras… et c’est pourtant là qu’il faut tenir bon, jusqu’à l’instant critique, celui du déclenchement… ce fou finira dans notre boîte à merveilles, en récompense d’une patience souvent sollicitée !
Fin de la journée, et rencontre particulière sur le chemin du retour : ce pinson qui a appris pour survivre à manger non pas des graines ou du nectar de fleur de cactus, mais le cadavre en décomposition d’un merle moqueur.
Tiens, qui disait "rira bien qui rira le dernier ?"
"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine
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