4ème jour de croisière… nous avons fait le plus dur : la traversée Genovesa-Santiago. De nuit ! Ballottés d’avant en arrière, de gauche à droite… la mer était agitée et personne n’a pu fermer l’œil de la nuit. A part peut-être notre ami canadien, drogué aux somnifères… aujourd’hui non plus, Steve n’a pas entendu la cloche sonner et il a dû être réveillé pour venir à table.
Aujourd’hui encore, il se plaindra de n’avoir rien à manger : les allemands ont fini les restes. Début de journée classique dans ce bateau cosmopolite où règne la loi du chacun pour soi…
Décidément le spectacle est aussi à bord, mais nous quittons la table les premiers, prêts à embarquer dans le canot qui nous dépose sur l’île de Santiago, au centre de l’archipel :
Santiago est la quatrième plus grande île des Galápagos avec 585 km² de superficie. Dominée par un volcan central, elle comprend aussi de nombreux petits cônes.
Nous arrivons du côté ouest, dans la baie James (sur la droite).
Centre d’une petite exploitation de sel dans les années 50, Santiago présente une côte de lave noire et tuff volcanique. C’est le royaume des crabes, qui tantôt se cherchent,
tantôt s’isolent dans un creux qui se transformera en piscine à la prochaine déferlante.
D’autres piscines sont réservées aux lions de mer. Les petites pour les nouveaux-nés
et les plus grandes pour leurs aînés !
Sur la panoramique ci-dessus, on peut distinguer la nageoire d’un jeune venu se rafraîchir… avec sur le bord plusieurs dizaines d’iguanes de mer, qui eux se réchauffent le sang sur la lave tiédie par les rayons du soleil.
Enfin, les « grottos », trous de basalte à ciel ouvert, sont aussi très prisés par ces grands mammifères qui viennent y jouer entre deux siestes.
Et qui dit grotte dit héron, bien sûr…
Retour sur les iguanes de mer…
Ces reptiles sont partout sur Santiago, et il faut regarder où l’on marche si l’on ne veut pas mettre le pied sur l’un de ces animaux à l’apparence si redoutable
et pourtant si paisibles.
Curieuse bête ? Oui. Et bête curieuse. En groupe, ils squattent les rochers en hauteur
et scrutent l’horizon dans toutes les directions…
Parfois en poste avancé, ils montrent les griffes,
surveillent les photographes…
On pourrait croire qu’ils complotent quelque chose…
Mais il n’en est rien. Ces drôles de bêtes sont pacifiques et affectueuses.
Sans ça, ce pinson ne se serait pas fait une spécialité de venir faire la toilette de monsieur !
Crête, ongles et narines : les moindres recoins sont inspectés, à la recherche de parasites… ici rien ne se perd…
Plus loin sur la plage, dans les rochers verdâtres découverts par la marée, un peu après ce lion de mer couché sur le sentier de randonnée,
des cris d’oiseaux attirent notre attention. Aigus et forts, ces « klip klip klip » sont le chant de l’huitrier américain, un oiseau de rivage spécialisé grâce à son long bec orangé dans la pêche aux mollusques bivalves.
On le rencontre à Santiago car il a paraît-il une préférence pour les rivages plats…
Quant à son nid, il s’agit le plus souvent d’une simple dépression aménagée dans les rochers, et à peine garnie de coquillages et de débris d’algues. En voici un exemple :
Le groupe ne l’a pas vu et c’est une chance. Pour notre part, nous n’avons pas souhaité nous en approcher davantage pour ne pas perturber l’oiseau qui couvait son oeuf…
Les blocs de tuff nous réservent d’autres surprises, comme cet autre clan d’iguanes (une trentaine)…
et moins chanceux, ce requin à pointe blanche échoué sur la plage et déposé là par un ranger…
Place à la visite de Rabida. Un environnement bien différent, une île 3 étoiles…
Vous l’avez remarqué, cette petite île située 5 km au sud de Santiago se caractérise par une superbe plage de sable rouge, teinté par de l’oxyde de fer.
C’est l’un des seuls endroits au monde où l’on peut observer une colonie de pélicans
qui nidifient dans les arbres…
Sous de grands corps trônant au milieu des branchages enchevêtrés,
se cachent de petits êtres déplumés et fragiles. Agés de quelques semaines, ils réclament à manger en cherchant à introduire la tête dans le bec de leur mère.
La mère régurgite sa pêche pour nourrir ses petits…
C'est fascinant de voir la tête du petit disparaître complètement dans le bec de sa mère, comme si elle s’apprêtait à le gober ! La poche est si profonde qu’elle pourrait contenir l’oisillon tout entier, pourtant déjà grand comme un poulet.
Derrière cette végétation dense et réservée aux pélicans, une lagune d’eau saumâtre désertée par les flamands roses. Une fois de plus, les lions de mer, malicieux et à la recherche du moindre instant de détente, en ont pris possession :
Joueurs, l’un d’entre eux sort de l’eau pour venir jouer avec Eric…
Impressionnant d’être à moins d’un mètre de cet animal qui pèse plusieurs centaines de kilos !
Resté en queue de peloton, Eric quitte la lagune pour retrouver le groupe qui a débusqué un faucon.
L’occasion de tirer le portrait de cet oiseau qui ici n’a peur de rien,
car situé au bout de la chaîne alimentaire, il ne connaît aucun prédateur.
Ces merles moqueurs sont eux davantage aux aguets
car ils n’ont pas cette chance !
Le retour sur la plage se fait au bon moment. Au loin, les fous à pattes bleues pêchent dans les bancs de poisson et s’envolent face à nous.
La plupart du temps ils sortent de l’eau bredouilles
Et doivent retenter leur chance. Après plusieurs tentatives, l’effort se fait sentir, et l’envol demande plus de temps…
Celui-ci a eu son compte, il part reprendre des forces sur le rivage.
Nous aussi, nous nous apprêtons à plonger… séance de snorkelling depuis la plage de sable rouge.
Il y a tant d’animaux à photographier qu’Eric choisit de rester un peu au sec pendant que Laure longe le rivage à la recherche de nouvelles rencontres toujours plus surprenantes.
Au bord de mer, on peut assister tout d’abord… au sommeil heureux de ce couple de lions de mer…
… au sommeil plus méfiant de celui-ci…
Et en se rapprochant de la falaise, cet étonnant duel entre deux iguanes se départageant sans doute un territoire remis en jeu :
Le mâle du haut, plus gros et plus fort, a le dessus. Il pousse son congénère vers le bord de la falaise,
Et comme sorti du ring, celui-ci se retrouve à la verticale, les griffes plantées dans la paroi pour ne pas tomber par terre.
Ces deux petits lions de mer regardent le perdant s’en aller vers la mer…
Il repart tenter sa chance sur un autre territoire de Rabida !
Quant à Laure, elle est prête…
et elle avait bien raison de se jeter à l’eau !
Rencontre avec une tortue venue brouter les algues sous-marines…
qui au gré des courants, tourne autour de nous sans se soucier de notre présence…
Elle nous frôle comme si elle venait nous dire bonjour…
Et soudain, venant de l’autre côté, un lion de mer !
Venu respirer à la surface de l’eau, il plonge pour nous passer en-dessous…
une petite frayeur… rappelons tout de même qu’il y a plus d’attaques de plongeurs par les lions de mer que par les requins !
Voilà une bonne raison de ne jamais aller vers les animaux, mais de les laisser nous approcher.
L’animal est un jeune venu s’amuser avec nous…et avec la tortue !
La voilà qui réapparaît et nous passe elle aussi en-dessous…
et puis c’est le lion de mer, encore une fois ! Un véritable ballet autour de nous ! !
Photos insolites : Laure et la tortue…
et Eric avec le lion de mer sur l’épaule, ah ah !
Elle est pas belle, la vie ?
"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine
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