L’Angelito est arrivé dans la nuit à Puerto Ayora, port principal de Santa Cruz. Nous connaissons déjà l’île pour y avoir séjourné quelques jours avant le début de la croisière… nous y avons donc nos adresses !
Il est encore tôt et les restaurants sont vides, mais avec quelques heures de temps libre, nous choisissons de commencer la journée en douceur : du thé et des toasts. Hmm !
Consultation des mails, publication d’un post sur le blog… nous profitons de l’accès à internet, pourtant hors de prix. Ecriture des cartes postales…et on retrouve le groupe pour une journée dédiée aux espèces menacées des Galápagos.
Impossible donc d’échapper à nos chères tortues géantes du Centre Darwin,
un centre de recherche et bénévolat déjà visité la semaine dernière.
Cette fois-ci, c’est une tortue qui avance vers Eric pour jouer un peu…
Oh-oh ! On dirait qu’elle veut un peu plus !
Ces tortues sont énormes, plus grosses encore que les tortues marines (carapace de droite).
Bien plus grosses !
Et curieusement, elles ne cessent jamais de croître durant leur vie. Leurs pattes paraissent aussi grosses que celles d’un éléphant !
Le poids record enregistré est paraît-il de 422 kg. Mais en moyenne, il faut compter 200 kg pour 1m20. De belles mensurations tout de même !
Sur une estimation de 250000 tortues présentes à l’arrivée des hommes en 1535, il en reste aujourd’hui 15000…
Les pirates et baleiniers chasseurs de tortues ont réduit les effectifs, toujours menacés par les espèces introduites (chiens, chats, rats, cochons…)
et l’introduction de plantes qui ont modifié l’équilibre de l’écosystème des Galápagos.
Sur cette photo, on remarque avec quelle vitesse (30 ans !) la colline a été envahie par des variétés introduites par l’homme. Parce qu’elles sont relativement peu nombreuses et isolées, les variétés locales manquent de défense naturelle pour se protéger de cette invasion.
L’habitat des tortues a considérablement diminué et explique pour partie pourquoi leur population a chuté de plus de 90%. Nous quittons les tortues en faisant un dernier adieu à George, dernier survivant connu de la sous-espèce Geochelone nigra abingdoni…
Adieu George, quelle honte !
Dans le Centre Darwin, l’institution sensibilise les visiteurs à ces problèmes d’environnement en expliquant le résultat de ses recherches, parfois alarmantes.
Là, on peut lire que sur les 4 zones peuplées des Galápagos (Santa Cruz, Isabela, Floreana et San Cristobal), le nombre d’espèces végétales introduites par l’homme va de 200 à 500 !
Alors avec le soutien d’entreprises privées et du gouvernement finlandais, le centre cultive des plantes ornementales endémiques pour montrer qu’un jardin peut aussi être décoré en respectant l’environnement des îles.
Parce que les rosiers et les géraniums ne font ici pas partie du paysage originel…
La présence humaine a provoqué d’autres dégâts sur les îles. Si les iguanes terrestres sont parfois attaqués par les chiens, ils ont aussi longtemps été chassés pour leur chair.
Il n’en reste aujourd’hui que quelques milliers…
Hélas, côté mer, on ne fait pas mieux. Le film « Les seigneurs de la mer », de l’australien Rob Stewart n’a rien d’une fiction. Oui, les requins sont aussi vieux que les dinosaures et oui, ils sont menacés d’extinction car victime des filets et d’une pêche intensive pour alimenter les marchés asiatiques.
L'image suivante est plus heureuse : elle est caractéristique de la réserve marine des Galápagos : hormis les îles Coco au Costa Rica, il n’existe aucun autre endroit au monde où l’on puisse observer de tels regroupements de requins marteaux :
Cette image est rare, profitez-en…
Et pour finir ce petit tour (succinct !) des espèces endémiques menacées : les pingouins. Leur population a chuté de plus de 60% suite au phénomène climatique El Niño.
Sur une base d’effectifs très faible, cela donne un résultat… inquiétant. Passés sous le seuil critique en deçà duquel une espèce est déclarée menacée d’extinction, elle bénéficie désormais d’un suivi journalier : c’est triste à dire, mais il a fallu marquer chaque pingouin d’une puce électronique pour mieux suivre les déplacements et les habitudes de vie des animaux.
Une façon d’apprendre à mieux les connaître, pour mieux les sauver.
Sensibilisés à la fragilité de l’archipel, nous quittons Puerto Ayora en direction du centre de l’île, où nous cherchons des tortues en milieu naturel. C’est un succès : dans les prairies et parfois même sur le bord de route où elles s’aventurent parfois, on les repère à leur grosse carapace qui dépasse des herbes hautes (rassurez-vous, il n'y a sur l'île qu'une seule route qui la traverse du nord au sud).
Le groupe est réuni autour du guide pour quelques explications…
l’occasion de filer prendre quelques clichés en étant assuré de ne pas être dérangé par des flashes, des habits voyants ou des discussions à voix haute.
Formidables rencontres avec ces bêtes d’un autre temps…
Par l’odorat ou bien par l’oüie, elles sentent notre présence…
Mais si l’on reste silencieux et accroupi, alors on se fait vite oublier et plus rien ne vient perturber le déjeuner de ces demoiselles.
Mais tout de même : que fait une tortue après avoir mangé ?
Elle s’endort dans un bon bain de boue. Une protection contre les tiques… et l’occasion de stabiliser sa température corporelle, ce qui lui facilite sans doute la digestion !
L’utilisation répétée des mêmes emplacements a formé des trous sableux où elles aiment se caler, ne laissant dépasser que les narines…
C’est parti pour 16 heures de sieste !
Pendant ce temps, les aigrettes restent actives et chassent dans la prairie.
Nous les laissons pour aller explorer un tunnel de lave long de plusieurs kilomètres, formé suite à l’action des gaz contenus dans le magma.
Contrairement à la Nouvelle-Zélande, les grottes sont éclairées…
Mais on n’en perd pas notre enthousiasme ! En avant !
Ah, ça devient plus dur...
La suite sera inaccessible sans matériel de spéléo… on reviendra ?
Ce petit hibou semble avoir besoin d’une sieste…
Nous aussi ! Le temps de retourner à Puerto Ayora, nous nous endormons dans le bus… là-bas, après un court passage au marché de poisson improvisé dans un coin du port,
nous regagnons l’Angelito. Eric s’installe à l’arrière du bateau…
croise le regard bleu cristal d’un pélican brun…
et remplit ses cartes mémoires ! Le pied !
"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine
L'intégralité du texte, des images, vignettes et icônes présents sur ce site sont soumis aux droits d'auteur © Eric DUTU. La qualité des photographies est réduite pour un affichage web optimal. Clichés originaux en Haute Définition disponibles à la vente, signés et numérotés. www.visagesdumonde.net est un carnet de voyage. Ces Visages du Monde sont des visages d'hommes, de femmes et d'enfants, de rencontres aux quatre coins du monde, de sites naturels et culturels classés au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, d'univers urbains et sauvages, de conditions de voyage et de vie durant un Tour du Monde. L'ensemble du site www.visagesdumonde.net est en accès libre et sans publicité. Réalisation technique et graphique : Eric Dutu. Copyright © Eric Dutu 2012 | Tous droits réservés
