Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 23:38
 Pour arriver au Mexique… comptez depuis Quito… 2 jours de transport ! C’est dur…

 

 

Soumis aux contraintes de nos billets Tour du monde, nous devons par nos propres moyens rejoindre Lima. Les vols internationaux à la carte étant hors de prix, il faut ruser : passer les frontières en bus et traverser chaque pays en avion. Le tout pour la moitié du prix Quito-Lima, hôtel compris !

 

Revers de la médaille : c’est un parcours du combattant que nous nous infligeons : après l’avion qui nous ramenait des Galapagos, la fin du trajet se déroule en 4 étapes : avion de Cuzco à Guayaquil, bus jusqu’à la frontière, nuit à l’hôtel, changement de véhicule au Pérou et nouvel avion jusqu’à Lima. De là, vol jusqu’à Mexico. Une bonne distance sur le globe terrestre… 


Avant de quitter Lima pour l’Amérique du Nord, nous apercevons un drôle d’oiseau noir en face de l’hôtel. Mauvais présage ? 


Une chose est sûre, il faudra rester en forme : le district fédéral est la ville la plus grande, la plus peuplée, la plus polluée, et l’une des plus dangereuses du monde. Notre atout : Eric connaît bien le pays et garde dans la capitale une bonne amie prête à nous aider.

 

Et si l’arrivée au Mexique est difficile (arrivée de nuit, attente jusqu’au check-out à la réception de l’hôtel couchés sur les bagages, aucune sortie de clients… nombreux appels et recherche d’un autre hôtel), nous déposons les sacs dans une auberge trouvée in extremis près du centre-ville.

 

Déjeuner improvisé dans l’une des panaderias du quartier : 


Croissants, feuilletés, gâteaux et viennoiseries : le plein d’énergie pour regonfler les stocks !

 

La ville affiche sa fierté aux quatre coins de la cité avec des drapeaux géants qui flottent dans un ciel chargé de CO2 : 


Mexico est la ville de tous les excès : réputée pour sa dangerosité (on lit que Rudolph Giulani, ancien maire de New York et auteur d’une politique de Tolérance Zéro n’a pas su apporter de résultats concrets lorsqu’il fut appelé à l’aide par le maire de Mexico), les braquages, vols de voiture, cambriolages, fusillades et kidnappings sont le quotidien des habitants qui apprennent à vivre dans un climat incertain.

 

Perchée dans les montagnes et entourée de volcans actifs, Mexico s’élève à 2200 mètres d’altitude. Cela garantit un climat tempéré mais également maintient la pollution au-dessus de la ville sous forme d’un épais nuage permanent. Certains ont observé la chute d’oiseaux migrateurs, tombés du ciel raide morts !

 

Tentaculaire, la ville compte 20 millions d’habitants. L’une des plus denses du monde, avec une croissance démographique maîtrisée tant bien que mal. L’une des plus bruyantes aussi. 4 millions d’automobiles, 92000 taxis… Insurgentes, la plus grande artère de la ville, s’allonge sur plusieurs dizaines de kilomètres…

 

La surexploitation des nappes phréatiques crée des contractions de terrain qui se traduisent par des effondrements locaux. Les sédiments meubles de l’ancien lac asséché amplifient les ondes sismiques. Les defeños (habitants de Mexico) se souviennent avec émotion du tremblement de terre de 1985 dont le bilan reste approximatif : 10 à 30 000 morts et 100 000 logements détruits.

 

 

Dès lors, une question surgit : quel est l’intérêt d’une ville comme Mexico ?

 

Tout d’abord, son histoire. Elle commence avec les anciennes civilisations, puis les conquistadors et la période coloniale. Plus récemment, la ville fut contrôlée par les Etats-Unis en 1847 et par la France au début des années 1860. Une histoire riche et surprenante.

Là où se trouve aujourd’hui le District Federal s’étendait il y a encore 500 ans le lac Texcoco : c’est sur une de ses îles que fut construite en 1325 Tenochtitlan, capitale de l’empire aztèque et plus grande ville du continent américain. C’est Hernan Cortes, capitaine espagnol alors âgé de 33 ans, qui mis à sac l’orgueilleuse cité et fit bâtir Mexico sur les ruines du site. Exhumées en 1978 à côté du Zocalo, centre historique de Mexico, les ruines du Templo Mayor témoignent en partie de l’importance de cette cité aztèque.

 

Sur le côté de cette immense place fut bâtie la cathédrale. Une construction mouvementée puisqu’elle pris fin 240 ans après le début des travaux, en 1813. Souffrant de l’affaissement du sous-sol trop meuble pour supporter un tel monument, elle est la plus grande d’Amérique en dimensions. Cette vieille dame au style baroque et Renaissance a aujourd’hui encore la tête grise et des armatures de fer à son sommet. 


Pas plus que le Palais du Président, lui aussi situé sur l’une des ailes de la place, la cathédrale n’est aujourd'hui l’attraction favorite des passants. En cette période de fêtes, c’est une gigantesque piste de glace qui attire les jeunes.

 

Comme Londres ou Paris, Mexico a voulu fêter Noël en donnant l’occasion aux habitants de patiner sur glace au moins une fois dans leur vie. Le succès est énorme et tous les jours de décembre, des milliers de personnes viennent tourner en rond la main dans la main :

Il faut dire que la municipalité a mis les bouchées doubles pour redorer l’image de la ville et la promouvoir à la télévision : de nombreux spots publicitaires comparent à la télévision Mexico aux plus prestigieuses mégalopoles du monde.

 

Regardez cet extrait vidéo : sous l’œil vigilant de la police dispersée dans les gradins, l’ambiance est plutôt bon enfant.

Drôle de Noël : il fait plus de 20°C alors qu’il faisait hier -7°C à Paris !

 

Le reste de la journée, nous le passons à faire du shopping. Pas de cadeaux, pas de dinde, de bûche ou de marrons glacés : nous partons à la recherche d’un disque dur pour remplacer celui laissé dans l’avion au Pérou. Grands magasins, centres commerciaux, boutiques et marchés de l’informatique : ici, on a le choix entre prix élevés et marchandise contrefaite. Sans succès donc, des kilomètres parcourus et nous retournons bredouilles nous coucher.

 

Le lendemain, alors que nous sommes retenus toute la matinée à passer des coups de fil pour une affaire à régler, nous marchons jusqu’au Palacio de Bellas Artes, un magnifique édifice en marbre de Carrare. 


La fin de journée est consacrée au Museo Nacional de Antropologia. Ce fabuleux musée qui présente d’inestimables trésors d’archéologie offre en exposition temporaire une visite de la collection de poteries aztèques et pré-aztèques de Diego Rivera, réputée et montée grâce aux achats effectués auprès des pilleurs de tombes.

 

Dans les jardins du musée, une tradition se joue comme depuis des dizaines d’années par une troupe d’acrobates en costumes colorés. 


Regardez-les jouer, danser puis grimper au sommet d’un mât de 50 mètres :

Ils vont maintenant enrouler au cadran du haut la corde nouée à leur taille 


et descendre tête en bas dans un mouvement de rotation déclenché par le joueur de flûte assis au sommet. Une chorégraphie à vous faire tourner la tête !

La maison de Trotski, Notre Dame de Guadalupe, la tour Lationoamericana et le marché flottant de Xochimilco… nous avons épargné à Eric ces autres centres d’intérêt, passionants mais eux aussi déjà visités en 1997. Nous ferons exception pour Teotihuacan, cité la plus réputée de l’Amérique précolombienne qui compte parmi les plus fascinants sites de l’Unesco. Ce bijou, nous le gardons pour la fin de notre séjour au Mexique, avant de quitter la capitale pour le Texas…

Par ED - Publié dans : Mexique
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