Samedi 15 janvier 2011
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C’est le cri d’alarme d’une équipe hors du commun, qui face à la pression de l’homme sur l’environnement, se bat contre le
risque d’extinction des nombreuses espèces animales et végétales de la jungle tropicale.
Petite incursion au cœur du Belize zoo,
un zoo privé qui poursuit sa mission grâce aux dons privés et sans le moindre financement public. A l’instar des plus grands zoos internationaux, le parc est un acteur de la conservation de la
nature : il ne se contente pas de montrer au public les animaux vivants, mais il considère l’animal comme l’ambassadeur de la biodiversité. Des décors végétaux, des enclos paysagers, des panneaux
pédagogiques invitent à plonger au cœur de l’environnement naturel de l’animal.
Première pancarte, elle plante le décor :
« La jungle américaine représente 5 % de la surface de la Terre mais héberge plus de la moitié des espèces de la planète ». Une richesse exceptionnelle dont la protection est l’un des enjeux du
XXIème siècle.
En marchant dans les petites allées du zoo, on évolue dans un jardin d’Eden.
On retrouve certaines espèces croisées à Tikal
et de nombreuses autres plantes parfois discrètes mais délicates dans leurs formes, leurs fleurs ou leurs odeurs.
Du côté des animaux, les mammifères tiennent la vedette. Immergés dans un milieu créé pour être semblable à leur habitat, il nous a fallu parfois du temps pour les repérer, que ce soit cet
ocelot, petit félin nocturne à la fourrure tachetée,
ce puma
ou ce grand jaguar,
animal emblématique de l’Amérique Centrale.
La puissance de cet animal sacré chez les Mayas se devine à la taille imposante de ses pattes.
Son aire de répartition originelle s’est réduite de moitié… Autre statistique édifiante, son espérance de vie est divisée par 2 dans la nature, principalement pour cause de braconnage.
Cette boule de muscles peut aussi se rencontrer sous sa forme noire, très rare.
Et l'équipe du centre met à profit la richesse animalière du zoo à des fins pédagogiques. En effet, l’une des activités mises en place est la rencontre avec les écoliers pour leur enseigner les
merveilles naturelles de leur pays et la fragilité de cet écosystème unique. Des animations sont créées pour faire participer les enfants et via cet enseignement ludique, ils seront sensibilisés
à la sauvegarde des espèces dont ils devront un jour prendre le relais.
Autre mammifère étonnant : le tapir. Cette espèce, très proche des chevaux et des rhinocéros, est disgracieuse et son corps massif est recouvert d’une peau très épaisse.
D’un poids pouvant atteindre 300 kg, il possède une courte trompe qui lui permet d’attraper sa nourriture. Chassé par les félins, son principal prédateur est l’Homme qui le tue pour son cuir et
sa viande. Le Tapirus pinchaque, ou tapir des montagnes, est l’une des 4 espèces de tapir au monde, aujourd’hui inscrite sur la liste rouge des espèces en danger d’extinction.
A quelques pas du tapir, une autre proie des félins : le daim à queue blanche. Mais celui-ci les nargue en tirant la langue, il ne craint rien à l’écart de ses prédateurs !
Dans les arbres, un somptueux iguane cherche une branche où faire la sieste.
Un aigle le surveille du coin de l’œil
tandis que l’aigle harpie se fait menaçant.
Il pourraît le dévorer ! Ses yeux noirs lui confèrent un air féroce, et ses doigts puissants munis de serres recourbées et longues lui permettent de mâitriser des animaux qu’il n’aurait pas tué à
l’impact. En d’autres termes, cet oiseau est redoutable. Imaginez : même les ornithologues dès qu’ils s’approchent du nid se munissent de gilets pare-balles et de casques !
Incontestablement, la star à plumes est l’Ara macao, le grand perroquet rouge, jaune et bleu que tout le monde connaît.
Hélas encore, l’espèce est elle aussi en danger d’extinction. Moins de 100 couples survivent au Belize à l’état sauvage.
Parmi les causes de sa disparition, on cite le braconnage et la construction du barrage hydroélectrique de Chalillo. De grandes entreprises internationales ont participé à ce projet qui a détruit
une grande partie de la biodiversité, réduit le territoire de reproduction des espèces, dégradé d’anciens sites mayas et réduit la qualité de l’eau des rivières.
De source officielle, l’efficacité de ce barrage est mise en doute, aussi bien par la Banque Mondiale que par de nombreuses ONG nord-américaines (source : www.worldpress.org).
A juste titre semble-t-il (link), le Belize Zoo dénonce la société canadienne Fortis qui détient le monopole de la production d’électricité au Belize. Le coût du barrage a entraîné la forte hausse du coût de
l’électricité dans le pays alors qu'auparavant celle-ci était achetée au Mexique à des prix concurrentiels. Chalillo est une catastrophe écologique, et si les équipes du zoo se mobilisent auprès
des visiteurs et de la population locale, les sociétés nord-américaines ignorent elles trop souvent les enjeux écologiques de notre époque et continuent à aller chercher le profit... à tout
prix.
Ce singe-araignée semble lancer un cri d’alarme :
si fort que celui-là n’en croit pas ses oreilles !
Le barrage de 20 kilomètres de long a inondé des milliers d’hectares de jungle. Disparition de la jungle signifie disparition de la végétation… donc plus d’arbres, plus d’acrobaties,
plus de singes,
plus de coatis…
Alors, question : les animaux en sursis comme sur le Radeau de la Méduse ?
Please, save our planet !
Par ED
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Publié dans : Belize
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