En route pour le Parc National du Ngorongoro et son fameux cratère, nous nous sommes rendus chez les Masaï, à la frontière des deux
parcs. Bien que plusieurs ethnies cohabitent sur ces terres, les Masaï y sont largement représentés. Ils habitent la région depuis… toujours.
Les tribus ont presque intégralement gardé leur mode de vie ancestral.
Ce qui est nouveau, c’est de devoir acheter l’eau pour le village, l’utilisation des médicaments en lieu et place des médecines traditionnelles, et l’instruction obligatoire des enfants à
l’école, imposée depuis peu par le gouvernement.
Parce qu’il était problématique de devoir faire 15 kilomètres (parfois plus) aux enfants pour aller à l’école la plus proche, les
Masaï ont dû construire dans chaque village une école : imaginez une cabane faite en bois, pierres, bouse et terre séchée, meublée de bancs et d’un tableau noir. Régulièrement, un instructeur,
Masaï lui aussi, vient au village donner des leçons aux enfants.
Tout ceci a un coût. Les Masaï ont donc choisi de financer leurs dépenses par la visite de leurs villages. Chaque touriste entrant dans le village paye donc un droit d’entrée, et la somme des revenus est intégralement reversée aux villages de la communauté.
Découvrir la culture Masaï pour Laure (premier contact avec les Masaï), la redécouvrir pour Eric (après une première visite au Kenya
il y a tout juste… 15 ans) a été une expérience inoubliable et enthousiasmante, tant les villageois ont été accueillants et curieux. Ce faisant, notre geste aura permis de contribuer au maintien
de la culture Masaï…
Premier contact avec la tribu, un guerrier se dirige vers nous et nous conduit à l’entrée du village devant laquelle les habitants se tiennent debout côte à côte, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Nous apprendrons au cours de la visite que ce village n’est en fait constitué que d’une seule famille, les membres étant soit femme, frère ou sœur du patriarche, chef du village. Les hommes sont donc polygames. Dans le cas présent, le chef revendique 8 épouses et 16 enfants… Une famille nombreuse !
Après une brève introduction, les hommes et femmes nous souhaitent la bienvenue par le biais de danses et de chants
guerriers.
A droite, les hommes.
Ceux vêtus de rouge sont les bergers. Ici, on les appelle des guerriers, « warriors ». Car ce sont eux qui gardent les troupeaux et
affrontent les lions en cas d’attaque. Si les hommes sautent, c’est pour démontrer leur aptitude à être un bon guerrier. Plus ils sautent haut, plus ils sont considérés comme étant forts, et
donc, mieux respectés.
A gauche, les femmes.
Vêtues de bleus, elles construisent le village quand le groupe se déplace vers de nouveaux horizons, le restaurent quand il revient y
habiter, et enfin, élèvent les enfants. Les masaï peuvent être considérés comme étant nomades, car si les bergers se déplacent souvent sur des dizaines de kilomètres pour nourrir ou vendre leur
troupeau, c’est toute la tribu qui change de village au moins deux fois dans l’année, en fonction des pluies et donc, de la qualité des pâturages.
Une fois dans le village, notre guide Masaï nous invite à pénétrer dans l’une des maisons. Ca sent fort le feu. Et pour cause, au
milieu de la pièce brûle du bois. Pour que l’odeur du feu fasse fuir les mouches. Dans cette logique, il n’y a donc qu’une porte et aucune fenêtre, pour limiter l’aération et la dispersion de la
fumée.
Il nous est difficile de respirer, nous restons donc là à écouter le guide… la bouche ouverte, pour mieux trouver de l’air. Derrière
nous, dans l’obscurité de la pièce (comment oser penser à l’électricité ?!) ça remue : des enfants font la sieste. De l’autre côté, ça gigote, des petits veaux s’agitent. Jusqu’à ce qu’ils
atteignent l’âge de rejoindre le troupeau, ils sont hébergés en journée dans la maison, pour les protéger. Le soir, ils rejoignent le troupeau au centre du village.
Notre guide nous fait sortir de la maison et nous dirige à présent vers l’école, où les enfants, en classe unique de 4 à 7 ans,
apprennent quelques mots de masaï et d’anglais. Un élève est désigné pour faire le chef d’orchestre au tableau, muni d’une baguette en bois, et c’est partit ! Tout le monde répète en cœur,
certains encore endormis : dada, dodo, dudu…one, two, three, fuor…même la maîtresse fait des fautes !
Laure s’installe au milieu des enfants,
Eric discute avec le « professeur » et pour finir donne un cours de … photo !
Zoom, mise au point, prise en main de l’appareil… Et mise en application sur-le-champ ! Etonnés de ce que l’objectif peut rapprocher les objets de nous, les Masaï s’en donnent à cœur joie et shootent en rafale. Le résultat est mitigé, mais pour une première fois, c’est déjà pas si mal !
Pendant ce temps-là, Laure s’étonne de voir à quel point les bijoux des Masaï peuvent leur déformer le lobe de l’oreille. Le trou peut parfois atteindre plusieurs centimètres !
"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Alphonse de Lamartine
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