Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /Avr /2010 15:34

Après les safaris et les nuits en campement au milieu des animaux sauvages, puis le chaos de Dar Es Salaam et les nuits perturbées aux aurores par l’appel de la prière, nous avons choisi l’exil sur l’île de Zanzibar, baignée par les eaux turquoise de l’océan Indien. 

   

Loin de l’agitation de Dar, nous avons traversé l’île de long en large, à la recherche de ses trésors…

   

Après une traversée en ferry et le passage d’un poste frontalier (bien que Zanzibar ait été ralliée au Tanganyika pour former la Tanzanie, l’île garde un statut à part dans le pays), nous arrivons à Stonetown où nous négocions un taxi pour aller chez Abou.

   

Abou est un footballeur zanzibarite, habitant dans les quartiers récents de Stonetown. Récents mais non « modernes »… Nous le comprenons vite, sitôt descendus de la voiture. Abou habite un HLM, construit par les allemands pendant la 2ème guerre mondiale (la Tanzanie était alors sous domination germanique). Aucun entretien des immeubles depuis, si bien que ces blockhaus se délabrent au fil des années, ressemblant à des quartiers de Seine-Saint-Denis où pour rien au monde nous n’oserions aller tester l’hospitalité des habitants.   

   

Derrière l’immeuble, les bidonvilles.   

  

Nous frappons à la porte, Abou nous ouvre et nous reconnaît. Il nous fait traverser une grande pièce où une femme est littéralement vautrée sur le sol devant la TV, le mari rêvasse à la fenêtre, et l’enfant semble livré à lui-même, assis au milieu de la pièce.

Au fond, une porte fermée à clé. L’appartement d’Abou. Ou plutôt, son « studio ».

  

A l’ouverture de la porte, une bouffée d’air chaud nous frappe le visage. Il fait peut-être 35°C dans la pièce. Imaginez un espace de 15 m² sans air, sans ventilation, sous l’équateur, une épaisseur de moquette au sol… intenable. Littéralement in-sup-por-ta-ble. La gentillesse d’Abou nous confond : il nous laisse sa chambre pour la nuit et part dormir chez des amis, un tapis à la main. La nuit est la plus terrible que nous ayions jamais passé : couchés, debout, assis … aucune position n’a su nous apporter le confort. A peine le visage essuyé, de grosses gouttes de sueur perlaient sur notre visage. La nuit aura été un véritable calvaire, mais la douche n’aura guère soulagé notre peine.

   

Si la propreté n’est pas au rendez-vous, les odeurs d’égout sont bien là et nous nous empressons de nous laver avant de partir. Un bout de tuyau relié à un tonneau rempli d’eau stagnante, il ne faut pas faire les difficiles, voilà ce que c’est que de vouloir découvrir les cultures du monde ! *

* Un grand merci à Abou tout de même, qui nous a prêté tout ce qu’il avait. Nous ne pourrons jamais oublier que l’enfer que nous avons vécu n’est rien d’autre que… son quotidien.

   

Au lever du soleil, nous voilà déjà partis pour une guesthouse locale où nous nous empressons de louer une chambre avec douche et ventilo, pour nous laver et laver notre linge !

   

Et nous reprenons la route pour les merveilles du monde…

   

Excursion d’une journée sur la côte sud de Zanzibar : nous partons nager avec les dauphins. Masque, palmes, tuba et appareil jetable à la main. Il n’y a plus qu’à se jeter à l’eau ! 

   

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans le parc de la Forêt Jozani, habitée par les singes colobe rouge, espèce endémique à Zanzibar.

Plus ou moins farouches selon les clans, ils sont menacés et protégés depuis plusieurs années à travers la constitution de ce parc national.

   

Le ranger du parc est gêné quand Eric lui montre une cartouche de fusil trouvée au pied d’un arbre. Il semble que la coopération avec les locaux pour la protection de l’espèce ne soit pas aussi efficace qu’on veuille nous le faire croire…Après une balade dans la forêt primaire de Jozani,  

nous repartons pour Stonetown, ville classée au patrimoine mondial de l’Humanité pour ses maisons en pierre de corail et ses fameuses portes en bois, d’influence indienne.  

  

La maison des merveilles, ancienne résidence du sultan de Zanzibar, se visite et nous donne accès à un panorama sur la vieille ville.  

Par ED - Publié dans : Zanzibar
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Commentaires

Ce qui me frappe dans cet article c'est le contraste entre les conditions de vie d'Abou -- qui effectivement sont hallucinantes par rapport aux notres, occidentaux privilégiés -- et les dauphins s'ébattant à vos côtés dans les eaux si bleues de l'Océan Indien...
Le pire côtoyant le meilleur...
Je comprends ainsi combien d'impressions et d'expériences humaines fortes vous avez dû ramener de votre tour du monde.
Richard
Commentaire n°1 posté par Richard le 05/03/2009 à 18h05

Et oui tout est loin d'être rose dans un tour du monde comme celui-là, et même si les rencontres nous offrent de connaître des hommes et des femmes d'une extrême générosité, leurs conditions de vie sont parfois bien précaires et même partis en aventuriers, on en souffre un peu.
Cela étant dit, nous étions tellement bien logés chez Abou, comparé à tous ces gens qui dormaient sur son palier de HLM et que nous avons dû enjamber au petit matin. Quel souvenir !

ED

Réponse de ED le 06/03/2009 à 17h34

magnifique! je vous envie...


 

Commentaire n°2 posté par cdm le 10/05/2007 à 22h52

Maintenant que tu sais à quoi ça ressemble, tu n'as plus qu'à partir !

 

ED

Réponse de ED le 11/01/2012 à 17h05

Particulièrement superbe votre article sur Zanzibar. Bien rédigé, vivant, belles photos... On s'y croirait ! Bravo et gros bisous


Mamandutu

Commentaire n°3 posté par mamandutu le 06/05/2007 à 18h51

Merci, merci !

 

ED

Réponse de ED le 11/01/2012 à 17h05

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