Reportage Visages du Monde, TDM - © Eric Dutu
C’est avant tout le pays des merveilles. On y vient plonger sur la deuxième barrière de corail au monde, grimper les montagnes en se
perdant dans la jungle, observer les lamantins, toucans, jaguars et orchidées rares, se baigner dans les cascades après une balade en canoë, explorer les grottes et découvrir des sites mayas
impressionnants… il y a tant à faire dans ce petit pays au nord-est du Guatemala !
A l’époque de la colonisation, les Espagnols en recherche de minerai firent bien peu de cas des ressources naturelles et culturelles du pays, leur présence se traduisant par le massacre des Mayas et l’apport de maladies exotiques. Les Britanniques manifestèrent plus vivement leur intérêt pour cette région de l’Amérique Centrale où ils vinrent au XVIIème siècle pour y établir des exploitations forestières : avec l’importation de main-d’œuvre esclave, les Baymen (surnom des Britanniques) purent se livrer au commerce lucratif de l’acajou.
Les pressions espagnoles vinrent plus tard, et c’est en 1798 que les Baymen s’imposèrent définitivement dans cette enclave située au cœur d’une zone d’influence espagnole.
De nombreux esclaves arrivèrent dans cette colonie qui prit le nom de British Honduras. Puis vint le tour des européens, des chinois et des syro-libanais.
Le Belize prit son nom actuel en 1973 et c’est en 1981 qu’il obtint son indépendance malgré la revendication du territoire par le Guatemala qui cherchait un accès sur la mer des Antilles. Aujourd’hui encore, l’influence anglaise reste forte et le chef de l’Etat est le représentant de la reine d’Angleterre au Belize…
Cette introduction dans l’histoire du pays permet de mieux comprendre la culture et les enjeux de cette portion de l’Amérique Centrale. Il convient de parler de mosaïque ethnique. Créoles et métis d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique se côtoient bien que les différences linguistiques limitent les échanges : l’anglais est connu comme langue seconde par un quart des habitants alors que c'est la langue de l’école, la langue officielle.
A notre arrivée dans l’ancienne capitale Belize City, nous ressentons un certain chaos. Le soleil est brûlant, les trottoirs sont recouverts de poussière, des rastas dansent en hurlant sur fonds de musique jamaïcaine, bouteille de rhum à la main. Alors que nous traversons tout un continent en côtoyant une population calme, réservée, souriante et hispanique, ici tout est différent. Les gens sont bruyants, agressifs et agités, anglophones ou de langues diverses. C’est l’impression que personne n’est chez soi : ni les blancs, ni les asiatiques, ni les noirs… personne ne parle la même langue et il y a tant de gens dehors qui traînent que l’on se demande s’il y a des bureaux et des employés. Le pays connaît une grave crise de chômage et sans argent ni boulot il reste le soleil, la musique et le rhum. On ne peut éprouver que crainte et compassion pour ce si beau pays dont les enjeux sont lourds et complexes. Pour tout dire, on dirait une colonie où chacun est simple visiteur…
Il faut l’avouer : nous ne pensions pas trouver un tel climat social, mais il faut composer avec et nous devons trouver un toit. Les grands sacs de 20 kg sur le dos, les petits de 8 kg dans les bras, l’eau dans une main et le guide dans l’autre, nous visitons les auberges une à une.
La première, bien qu’un peu excentrée est propre, colorée, mais… chère. La deuxième est pleine. L’hôte nous propose de garder les sacs le temps que l’on trouve une adresse. Cette femme parle d’une ville où il faut être prudent. En outre, les portes sont toutes fermées à clef et quand on sonne il faut montrer patte blanche. Quand un œil apparaît derrière les barreaux, on montre le passeport et la porte s’ouvre… Dans la rue on se retourne pour s’assurer de ne pas être suivis…
Nous apprenons plus tard que la majorité des touristes viennent ici en croisière et ne débarquent sur la côte que pour goûter aux plages de sable blanc et faire de la plongée. En ville pas de magasins de luxe, de casino ou de dancings : ils ne s’y aventurent pas. Les visiteurs restent sur les bateaux et n’entrent pas au contact de la population. C’est un peu triste tout ça...
Pour nous, l’heure tourne et nous n’avons rien. Il fait chaud, on se perd dans des quartiers un peu trop calmes, on nous fait entrer dans de vrais ghettos où le sol part en miettes, les murs sont noircis, les ventilateurs cassés et le prix sans rapport avec la prestation. Certaines rues sont désertes et ça sent pas bon… Pour rien au monde nous ne voudrions dormir dans ce quartier et confier nos affaires. Question confiance, on la sent pas sur ce coup-là…
Et à Belize City la confiance a un prix, elle se paye en dollars ! Nous faisons un crochet au distributeur pour gonfler nos réserves et pouvoir nous payer une nuit dans un hôtel correct qui longe le canal. Il ne reste qu’une chambre à louer : c’est un don du ciel.
Des courses dans le centre, une douche et enfin dîner dans la chambre : hors de question de dîner dehors. La nuit tombe, on est épuisés après cette longue journée de transport et de galère en ville : on s’asperge de lotion anti-moustiques et on se couche, on dort comme des paquets.
Le lendemain tout semble aller mieux, la journée commence bien : petit déjeuner en terrasse,
rencontre avec un voisin en vadrouille aux quatre coins du monde, balade sur les rives du fleuve Belize
en face de notre hôtel, une agréable maison jaune et rouge construite sur pilotis,
observation des frégates et des pélicans,
envoi des cartes postales
(et oui, c’est bien la poste !)
achat de fruits et de crème solaire… cet après-midi, nous visiterons un zoo hors du commun : le Belize zoo, of course !
A l’époque de la colonisation, les Espagnols en recherche de minerai firent bien peu de cas des ressources naturelles et culturelles du pays, leur présence se traduisant par le massacre des Mayas et l’apport de maladies exotiques. Les Britanniques manifestèrent plus vivement leur intérêt pour cette région de l’Amérique Centrale où ils vinrent au XVIIème siècle pour y établir des exploitations forestières : avec l’importation de main-d’œuvre esclave, les Baymen (surnom des Britanniques) purent se livrer au commerce lucratif de l’acajou.
Les pressions espagnoles vinrent plus tard, et c’est en 1798 que les Baymen s’imposèrent définitivement dans cette enclave située au cœur d’une zone d’influence espagnole.
De nombreux esclaves arrivèrent dans cette colonie qui prit le nom de British Honduras. Puis vint le tour des européens, des chinois et des syro-libanais.
Le Belize prit son nom actuel en 1973 et c’est en 1981 qu’il obtint son indépendance malgré la revendication du territoire par le Guatemala qui cherchait un accès sur la mer des Antilles. Aujourd’hui encore, l’influence anglaise reste forte et le chef de l’Etat est le représentant de la reine d’Angleterre au Belize…
Cette introduction dans l’histoire du pays permet de mieux comprendre la culture et les enjeux de cette portion de l’Amérique Centrale. Il convient de parler de mosaïque ethnique. Créoles et métis d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique se côtoient bien que les différences linguistiques limitent les échanges : l’anglais est connu comme langue seconde par un quart des habitants alors que c'est la langue de l’école, la langue officielle.
A notre arrivée dans l’ancienne capitale Belize City, nous ressentons un certain chaos. Le soleil est brûlant, les trottoirs sont recouverts de poussière, des rastas dansent en hurlant sur fonds de musique jamaïcaine, bouteille de rhum à la main. Alors que nous traversons tout un continent en côtoyant une population calme, réservée, souriante et hispanique, ici tout est différent. Les gens sont bruyants, agressifs et agités, anglophones ou de langues diverses. C’est l’impression que personne n’est chez soi : ni les blancs, ni les asiatiques, ni les noirs… personne ne parle la même langue et il y a tant de gens dehors qui traînent que l’on se demande s’il y a des bureaux et des employés. Le pays connaît une grave crise de chômage et sans argent ni boulot il reste le soleil, la musique et le rhum. On ne peut éprouver que crainte et compassion pour ce si beau pays dont les enjeux sont lourds et complexes. Pour tout dire, on dirait une colonie où chacun est simple visiteur…
Il faut l’avouer : nous ne pensions pas trouver un tel climat social, mais il faut composer avec et nous devons trouver un toit. Les grands sacs de 20 kg sur le dos, les petits de 8 kg dans les bras, l’eau dans une main et le guide dans l’autre, nous visitons les auberges une à une.
La première, bien qu’un peu excentrée est propre, colorée, mais… chère. La deuxième est pleine. L’hôte nous propose de garder les sacs le temps que l’on trouve une adresse. Cette femme parle d’une ville où il faut être prudent. En outre, les portes sont toutes fermées à clef et quand on sonne il faut montrer patte blanche. Quand un œil apparaît derrière les barreaux, on montre le passeport et la porte s’ouvre… Dans la rue on se retourne pour s’assurer de ne pas être suivis…
Nous apprenons plus tard que la majorité des touristes viennent ici en croisière et ne débarquent sur la côte que pour goûter aux plages de sable blanc et faire de la plongée. En ville pas de magasins de luxe, de casino ou de dancings : ils ne s’y aventurent pas. Les visiteurs restent sur les bateaux et n’entrent pas au contact de la population. C’est un peu triste tout ça...
Pour nous, l’heure tourne et nous n’avons rien. Il fait chaud, on se perd dans des quartiers un peu trop calmes, on nous fait entrer dans de vrais ghettos où le sol part en miettes, les murs sont noircis, les ventilateurs cassés et le prix sans rapport avec la prestation. Certaines rues sont désertes et ça sent pas bon… Pour rien au monde nous ne voudrions dormir dans ce quartier et confier nos affaires. Question confiance, on la sent pas sur ce coup-là…
Et à Belize City la confiance a un prix, elle se paye en dollars ! Nous faisons un crochet au distributeur pour gonfler nos réserves et pouvoir nous payer une nuit dans un hôtel correct qui longe le canal. Il ne reste qu’une chambre à louer : c’est un don du ciel.
Des courses dans le centre, une douche et enfin dîner dans la chambre : hors de question de dîner dehors. La nuit tombe, on est épuisés après cette longue journée de transport et de galère en ville : on s’asperge de lotion anti-moustiques et on se couche, on dort comme des paquets.
Le lendemain tout semble aller mieux, la journée commence bien : petit déjeuner en terrasse,
rencontre avec un voisin en vadrouille aux quatre coins du monde, balade sur les rives du fleuve Belize
en face de notre hôtel, une agréable maison jaune et rouge construite sur pilotis,
observation des frégates et des pélicans,
envoi des cartes postales
(et oui, c’est bien la poste !)
achat de fruits et de crème solaire… cet après-midi, nous visiterons un zoo hors du commun : le Belize zoo, of course !
Ven 14 jan 2011
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