Reportage Visages du Monde, TDM - © Eric Dutu
Si la Tanzanie est l’un des pays les plus visités en Afrique, c’est aussi … l’un des plus pauvres. Le tourisme accentue les inégalités sociales : le gouvernement augmente régulièrement le prix du visa et des entrées dans les parcs nationaux, les touristes dépensent des centaines de dollars par semaine et pourtant… 70% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
Les grandes villes n’ont que quelques artères goudronnées, il s’agit principalement de pistes défoncées. Seule la pluie vient nettoyer les trottoirs et certaines rues se transforment alors en… « marécages ».
En Tanzanie, tout reste à faire. Peu d’infrastructures, peu d’hôtels bon marché, peu de restaurants, peu d’hygiène…
le pays de toute évidence n’utilise pas le potentiel économique que représente le tourisme, et l’on dénombre en Tanzanie 2 fois moins de touristes que chez son proche voisin, le Kenya.
Le taux d’alphabétisation (1/4 des adultes) est alarmant, le personnel qualifié est insuffisant, le retard économique se fait sentir et le pays semble freiné dans sa croissance, malgré les efforts du gouvernement à réduire sa dette.
Dans ce contexte d’enjeux sociaux et de développement économique, il nous semble juste de promouvoir l’écotourisme. L’écotourisme, c’est s’engager à faire un geste pour la communauté locale, en reversant une partie des bénéfices liés au tourisme aux villages, écoles, orphelinats et institutions de la région visitée. Pour que le tourisme soit synonyme de bienfait économique et social, et non plus uniquement de pollution et d’inégalités.
En totale liberté et sans aucune contrepartie, nous choisissons donc de promouvoir l’écotourisme en nous appuyant sur l’action d’Eco-Tours.

L’agence, dirigée par Philip Mong’ateko et Mr Chacha (prononcer « Mister TchaTcha ») est très présente dans la vie de la communauté, puisque 30% de son bénéfice net est reversé aux écoles, orphelinats et veuves de Moshi. Nous adressons ici nos sincères remerciements et notre soutien à l’action de Philip et Mr Chacha. C’est avec une certaine satisfaction que nous avons via l’ascension du Mont Meru et notre safari dans les parcs du Lac Manyara, Serengeti et Ngorongoro, contribué à l’essor d’un tourisme « équitable ». Avec une organisation sans faille et des prix parmi les moins chers du marché, l’accueil y est sans égal.
Pour connaître plus en détails l’action d’Eco-Tours et les circuits proposés, rendez-vous sur le site d’Eco-Tours : www.ecotourism-tz.com
Contact : Philip Mongateko : philipmongateko@yahoo.com, info@ecotourism-tz.com
Hello Wil,
Il s'agit bien d'un choix...photographique, le Noir et Blanc étant me semble-t-il plus pertinent pour décrire l'ambiance des villes.
Côté technique (puisque tu en parles), nous rencontrons en ce moment des difficultés sur le chargement des photos. Le dernier article nous a ainsi demandé près de 5 heures pour être publié... sans compter le temps passé à la rédaction de l'article et le travail sur les photos. Vous apprécierez le temps passé à la mise à jour de ce site ...
ED
En effet, .le noir et blanc convient très bien à ce genre de photos, et accentue l'impression de tristesse de vie, l'ambiance de pauvreté qui règne dans ces villes. De plus vous semblez tous les deux très concernés par la vie de cette population si démunie. Bravo, votre article est très émouvant, et nous montre Oh combien nous sommes privilégiés. Félicitations
Mamandutu
Le faible niveau de développement contraste fortement avec la luxuriance de la vie sauvage
ED
Eco-tourisme :
Je crois que cette agence Eco-Tours et ses responsables ont compris l'influence sur le social, l''économie et l'environnement de leur communauté. Ils sont de fait respectés par les locaux et leur
renommée est grande. Les marges pratiquées sur les prix assurent assez à la pérennité des familles de Philip et Mr Chacha, au partage du bénéfice avec les oeuvres sociales et au maintien de
salaires pour guides au-dessus des prix du marché. En retour, Eco-tours est assurée de la bonne image de l'enseigne et de la fidélité de ses employés.
Voilà l'une des grandes réussites du pays, dont le succès est partagé par tous, directement ou indirectement.
Maladies et discriminations :
Je ne prétends à aucune généralisation sur ce point, mais simplement témoigne de mon expérience en Afrique, lors de notre tour du monde et de mes précédents voyages (12 pays africains). Au
quotidien, l'Afrique est le continent de la "débrouillardise". Sans le sou, on se fabrique des chaussures avec un pneu, un jouet avec un bâton et une chambre à air, une maison avec de la bouse et
de la terre séchée.
Pour le handicap, c'est le même principe. Je n'ai jamais croisé de fauteuils (je ne parle pas des institutions financées par les pays riches, je parle bien du quotidien de la rue ou des villages)
: une branche taillée en béquille pour les unijambistes, une planche et 4 roulettes pour les personnes amputées des deux jambes... on retrouve parfois des aveugles perdus au milieu des rues ; ils
sont sans accompagnant et leurs vêtements sont couverts de terre et de poussière car c'est sans doute là un moindre souci pour eux : ils ne le voient pas...
Je repense aux personnes albinos, victimes de superstition. Rejetées de tous (y compris leur famille), elles finissent dans la misère et souvent tuées pour des messes noires. C'est terrible mais
il faut bien évoquer le sujet sans tabou et ne pas fermer les yeux. Voici à titre d'exemple un article que j'ai pu lire récemment :
http://www.20minutes.fr/article/278742/Monde-En-Afrique-les-albinos-paient-de-leur-vie-les-superstitions.php
Vous l'aurez compris, l'exclusion dans un pays pauvre est redoutable. Elle nous fait prendre conscience de notre rôle individuel et collectif et sans doute, doit aider nos sociétés à évoluer non
pas en plus riche, ni plus grand, ni plus vite, mais en un mot : mieux. Et ça, le PIB ne le mesure pas...
Amicalement,
ED