Reportage Visages du Monde, TDM - © Eric Dutu
Vârânasî tient son nom de deux affluents du Gange, la Varunâ et l'Asî. Elle est située tout entière sur la rive gauche du Gange, face au soleil levant, l'autre rive étant dénuée de toute construction.
La ville, dédiée à Shiva, est très fréquentée par les ermites : c’est un symbole emblématique de l'hindouisme. Anciennement appelée Bénarès, elle a probablement été fondée 2000 ans avant notre ère. Pillée et détruite plusieurs fois par les musulmans, la première fois par l'armée de Mahmud de Ghaznî en 1033, ses temples furent détruits, les matériaux étant réutilisés pour construire des mosquées. La dernière campagne de destruction fut menée par l'empereur moghol Aurangzeb qui renomma la cité Mohammadâbâd. La ville passa sous contrôle britannique en 1775.
Cette histoire mouvementée explique la rareté de monuments anciens. Varanasi préserva néanmoins son caractère sacré et sa position de ville majeure de l'hindouisme.
On la connaît surtout pour ses ghâts,
berges recouvertes de marches de pierres qui permettent aux hindous de descendre au fleuve.
Le Gange est bel et bien au cœur de la vie des habitants. Une balade en bateau permet de mieux s’en rendre compte.
Le photographe...
La vidéaste…
Nous embarquons pour descendre ce qui est sans doute le fleuve le plus pollué du monde… la concentration de bactéries au mètre cube dépasse de plusieurs dizaines de milliers de fois les normes européennes… et dire que les oies viennent se nourrir au bord de l’eau…
Le Gange est donc aussi sale que sacré. Nous y découvrons de nombreuses scènes de vie : on y lave son linge…
on le fait sécher…
on s’y lave de ses pêchés…
On y pêche…
On y prend son bain…
On y fait une offrande…
On y fait baigner son troupeau de buffles…
Et bien sûr, on y pratique la crémation et la dispersion des cendres…
Jour et nuit, sur des ghats spécialisés. Mais la proximité des ghats fait que tout se mélange et on peut voir à côté des corps qui brûlent des habitants laver leur linge ou prendre un bain… impressionant.
Mais un voyage à Varanasi ne s’oublie pas… 42 heures de transport et de galères depuis Agra… un vrai pélerinage !
Je fais moi aussi mes recherches : c'est depuis 2006 que l'Inde aurait appliqué le renommage de ses grandes villes, abandonnant le nom donné par les Britanniques pour retrouver le nom de coutume,
traditionnel donné anciennement par les Indiens.
L'Inde a beau compter 1,1 - 1,2 Mds d'habitants, ce changement de noms a peu fait parler de lui, il faut reconnaître !
Ah, Bénarès... que dis-je, Vârânasî ! ... C'est un grand moment de notre voyage car en effet au coeur de l'hindouisme et de cette "civilisation" indienne (car il s'agit bien d'un monde à part !).
Une ambiance toute particulière, où les bords du Gange dégagent très clairement cette sensation de sacré et de spirituel. Pourtant, ce fleuve est si sale et pollué...
ED
Bénarès ! J’ai ce nom en tête depuis ma prime jeunesse, à l’époque où j’ai commencé à être fasciné par les « autres » Grandes Civilisations, par les petites aussi, par les peuples du monde. Lorsque j’ai découvert récemment des photos de Varanasi (simplement les maisons au bord du Gange mais pas les gens…) sur le site ‘Linternaute.com’, je n’ai pas compris tout de suite qu’il s’agissait de l’ancienne Bénarès… ignorant que j’étais du changement de nom !
En ce lieu, on est vraiment dans l’Inde profonde, au cœur de l’hindouisme. Vos clichés de la vie quotidienne au bord et dans le Gange sont très impressionnants. Je suis resté un long moment bouche bée devant ces photos, essayant de mesurer combien la vie quotidienne de gens de cette région est différente de la nôtre.
Richard